L'agriculture de demain se prépare aujourd'hui à Gembloux

L’Ecotron gembloutois est un équipement unique en Europe. ©©ULiège - K.Wijncocx

Terra est un nouveau centre de recherche dédié à l’agriculture de demain. Le site inauguré jeudi par l’Université de Liège à Gembloux abrite notamment un Ecotron unique en Europe. Cet équipement permet de simuler n’importe quel climat et ainsi d’anticiper l’impact des changements climatiques sur les cultures.

Quelle température fera-t-il le 23 septembre 2094? Selon les chercheurs du Terra, le nouveau centre de recherche dédié à l’agriculture du futur, il fera entre 24 et 25 degrés. Soit environ 5 degrés de plus qu’en septembre 2017. Grâce à l’Ecotron (voir photo) qui est un des nouveaux équipements du site high tech inauguré ce jeudi 24 mai à Gembloux, les chercheurs peuvent simuler des conditions climatiques multiples pour étudier l’impact de celles-ci sur l’agriculture notamment.

©JEAN-LOUIS WERTZ

À terme, l’Ecotron gembloutois (le seul de Wallonie) comptera douze chambres conditionnées qui permettent aux chercheurs de varier sur une microparcelle la température, l’humidité de l’air, les précipitations, la concentration en CO2, la température du sol, etc. Ainsi de prévoir comment l’agriculture réagira demain.

21 millions investis

Le nouveau bâtiment de l’Université de Liège intégré à la faculté de Gembloux Agro-Bio Tech se déploie sur 7.400 mètres carrés. Le centre peut accueillir 200 chercheurs. L’investissement se monte à 21 millions dont 15 millions sur fonds propres. La Région wallonne, le FNRS et la Fédération Wallonie-Bruxelles participent aussi au financement. De quoi attirer des chercheurs du monde entier? "En tout cas, c’est notre volonté, indique Philippe Jacques, le président du centre de recherche Terra. En s’appuyant sur la réputation d’excellence de la Faculté de Gembloux, nous voulons nous positionner fort à l’international."

→ Qu'allez-vous manger demain? Si ce sujet vous intéresse, consultez notre dossier L'assiette de demain.

Le monde de l’entreprise n’est pas en reste puisque Terra est ouvert aux collaborations avec les entreprises et au partage de ses équipements de pointe. "Les entreprises nous sollicitent beaucoup. Elles veulent faire partie de notre environnement. Elles veulent être à nos côtés, dans nos locaux, dans nos laboratoires pour travailler avec nous, avec nos chercheurs. Pour innover ensemble, dans une philosophie win-win. C’est une tendance que l’on observe de plus en plus: les entreprises ne veulent plus seulement collaborer avec nous mais être à nos côtés, physiquement et intellectuellement", indique Eric Haubruge, premier vice-recteur.

Selon nos informations, les équipes de recherche gembloutoises travaillent sur la mise au point de produits agroalimentaires avec le groupe Puratos, le leader du marché belge des ingrédients de boulangerie et pâtisserie. Wal.Agri, l’entreprise numéro un dans le secteur de l’agrofourniture et de la collecte de céréales en Wallonie, collabore aussi avec l’université afin de produire des graines riches en protéines en optimisant la conduite de la culture associée de pois protéagineux et de froment d’hiver.

Le leader mondial de la protéine végétale, Cosucra, a aussi des projets de recherche associés au site de Gembloux. Ce dernier compte d’ailleurs à terme accueillir dans ses locaux des entreprises partenaires et les start-ups ou spin-offs issues des laboratoires universitaires. Enfin, l’université dispose de plus de 100 hectares pour ses expérimentations. Les produits agricoles que nous consommerons demain sont pensés à Gembloux aujourd’hui.

Une spin-off pour produire de la bière

Nous avons appris en marge de l’inauguration du centre de recherche qu’une spin-off dénommée Fac Beer vient d’être constituée. Cette dernière va produire et vendre la fameuse bière créée par les étudiants de la faculté agronomique de Gembloux il y a plusieurs dizaines d’années à savoir L’abbaye de Gembloux.

Faute de disposer des équipements nécessaires, la production avait été délocalisée ces dernières années à Rebecq-Quenast au sein de la brasserie Lefebvre (Barbar, Floreffe, Hopus…). L’inauguration du centre de recherches Terra permet désormais de libérer des espaces et de dédier des fermenteurs à la production de ce breuvage ambré tirant 8% de volume d’alcool. Dans les prochaines semaines, le capital de la société devrait dépasser le million d’euros.

Parmi les parties prenantes, on trouve des professeurs, des étudiants, une coopérative d’investissement créée par les anciens étudiants de la faculté agronomique de Gembloux, l’Université de Liège mais aussi Meusinvest et Namurinvest. A terme la production devrait passer de 350 hectolitres à 3.500.

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