interview

L'effet lockdown sur les animaux de compagnie sourit à Tom&Co

"Tom&Co a toujours été une société rentable, dégageant un ebitda récurrent", se félicite son CEO Thierry le Grelle. ©Wouter Van Vooren

La pandémie n'a pas fait que des victimes parmi les entreprises. Les animaux de compagnie ont aidé les gens confinés, ce qui a bénéficié aux animaleries Tom&Co.

La chaîne d'animaleries indépendante Tom&Co a traversé la crise sans encombres. Elle a même fait mieux et vu ses ventes bondir de 15% pour atteindre le niveau record de 241 millions d'euros. Jolie manière de fêter son 30ᵉ anniversaire. Explications avec Thierry le Grelle, le CEO de la société faîtière Aniserco.

Comment expliquer ce boom des ventes en pleine crise Covid?

On a eu beaucoup de chance au début de la crise, car nos magasins ont été considérés comme essentiels - c'était logique, puisqu'il fallait continuer à nourrir les animaux. Au premier confinement, les gens ont commencé par sur-stocker. La progression des ventes est ensuite devenue structurelle car, avec la pandémie, l'animal a pris une place différente dans les familles: elles ont eu besoin de davantage de compagnie. On a d'ailleurs observé que les refuges pour animaux s'étaient vidés l'an dernier, ce qui prouve que la tendance est structurelle.

Quel animal de compagnie a été le plus recherché?

Le chien et le chat ont continué de monopoliser la majorité des adoptions, mais les rongeurs ont été beaucoup plus demandés. Les lapins sont par exemple devenus de vrais animaux de famille. Au niveau des achats, si l'alimentation a monopolisé les revenus au début, les produits "non-food" ont ensuite progressé également, notamment la décoration intérieure pour animaux.

Aura-t-on observé la même tendance chez vos concurrents?

C'est un marché porteur, c'est clair. Le souci du bien-être animal l'a renforcé, ce qui attire d'autres acteurs.

241
millions d'euros
En 2020, la chaîne Tom&Co a réalisé un chiffre d'affaires de 241 millions, en hausse de 15% sur un an.

L'année 2020 est-elle votre premier exercice en bénéfice depuis que vous avez racheté Tom&Co à Delhaize en 2016?

En effet. Tom&Co a toujours été une société rentable, dégageant un ebitda récurrent. Lors du rachat, nous avions prévu des investissements importants. C'était un peu comme si on lançait une start-up, car on a sorti l'entreprise du groupe Delhaize; on a donc dû créer de nouveaux systèmes, engager de nouvelles équipes... On avait donc prévu une rentabilité négative durant trois ans. C'est ce qu'on a fait: on a sorti la tête de l'eau l'an dernier.

2020 a aussi accueilli vos premiers pas dans le commerce en ligne, avec quels résultats?

Cela a été génial. On réfléchissait depuis un petit temps à la manière de s'y lancer quand est arrivée la crise. On s'est dit alors qu'il fallait y aller! On a commencé par la réservation à distance et le retrait en magasin, puis on y a ajouté la livraison à domicile. On est très contents des résultats et on va poursuivre cette stratégie, tout en maintenant les magasins au centre du dispositif.

"L'objectif est de réaliser le gros de l'expansion en France, un marché qui présente beaucoup d'opportunités."
Thierry le Grelle
CEO de Tom&Co

L'e-commerce va-t-il prendre plus d'ampleur chez vous?

On va continuer à y investir. Nous voulons être un réseau à 100% omnicanal, avec le commerce en ligne en complément de nos magasins.

Vous prévoyez la poursuite de votre expansion pour passer à terme de 174 à 250 magasins: où et quand?

En Belgique, en France et au Grand-Duché. On est déjà leader en Belgique, avec un dense réseau de 130 magasins. On va certes le compléter, notamment en ouvrant à Kontich dans quelques semaines, mais l'objectif est de réaliser le gros de l'expansion en France, un marché qui présente beaucoup d'opportunités. Les jardineries y tiennent une part importante du marché, mais le pays est gigantesque...

Pourquoi allez-vous créer de nouveaux formats de magasins urbains, plus petits?

Parce que les clients nous le demandent. Les consommateurs souhaitent avoir des magasins de proximité, parfois prémiumisés aussi. Dans notre assortiment, nous mettons l'accent sur la nature, la santé et le plaisir, qu'on peut combiner dans un format plus petit. On a par exemple transformé en ce sens notre magasin du Vert Chasseur, à Uccle.

"On est aujourd'hui une société saine, avec un bilan solidifié. On peut continuer à grandir en 'stand alone'."
Thierry le Grelle

Si Tom&Co continue à investir et à grandir, son actionnariat ne devra-t-il pas s'ouvrir?

Quand mes deux associés, Lionel Desclée et Philippe Dechamps, et moi avons repris Tom&Co, nous l'avons fait avec une perspective de très long terme, car ce marché est très porteur. On est aujourd'hui une société saine, avec un bilan solidifié. On peut continuer à grandir en "stand alone".

Combien de collaborateurs compte la chaîne aujourd'hui?

Avec nos franchisés, nous sommes 1.000, dont une centaine qui émargent à notre "pay-roll". Ils ont abattu un travail incroyable durant la crise, faisant preuve d'une forte motivation. Le bien-être animal concerne tout le monde, c'est un secteur plein d'émotions et de passion, où la dimension de long terme est importante.

Avez-vous un animal de compagnie ?

Oui, un lévrier italien, Clyde. Et oui, durant le confinement, on s'est encore rapprochés. Clyde est un membre de la famille. Avec ma femme et mes trois enfants, nous sommes six et nous pensons à six.

Les phrases clés

  • "Le souci du bien-être animal et le confinement ont renforcé le marché de l'animalerie, qui était déjà porteur."
  • "Nous voulons être un réseau à 100% omnicanal, avec le commerce en ligne en complément de nos magasins."
  • "L'objectif est de réaliser le gros de l'expansion en France, un marché qui présente beaucoup d'opportunités."
  • "On est aujourd'hui une société saine, avec un bilan solidifié. On peut continuer à grandir en 'stand alone'."

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