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L'éventuelle opération SABMiller-AB InBev en 10 questions

©BELGA

Si le premier brasseur mondial rachète le deuxième, quel impact cela aura-t-il pour Euronext? Pour le secteur? Pour Leuven…

Il y a six ans, une large frange du marché ne croyait pas le brasseur belgo-brésilien ABInbev capable de conquérir les Américains d’Anheuser Busch. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui le croient parfaitement à même de reprendre SABMiller, son premier rival mondial. Le point en 10 questions.

1 AB InBev est-il réellement capable d’absorber SABMiller?

Bien qu’on évoque une opération à 122 milliards de dollars, la réponse est oui. Par le passé, la direction d’AB InBev a fait ses preuves. Elle a racheté le brasseur américain Anheuser Bush pour 52 milliards de dollars en 2008, juste au début de la crise financière, et a réussi à réduire rapidement son niveau d’endettement par après malgré le contexte bancaire exécrable. Depuis, elle s’est offert les 50% qu’il lui manquait dans le Mexicain Modelo pour 20 milliards et a racheté le Coréen Oriental Brewery pour 5,8 milliards. Sur six ans, AB InBev a déboursé 78 milliards de dollars pour ces trois acquisitions tout en ramenant son ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation à 2 (à fin juin 2014). Aujourd’hui, aucun analyste ne doute plus des capacités du CEO Carlos Brito et de son CFO Felipe Dutra à mener à bien des méga-deals.

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2 Comment financer une telle opération?

Comme lors du rachat d’Anheuser Busch en 2008, via un "mix" d’emprunts et de cessions d’actifs, sans oublier qu’AB InBev pourrait aussi payer une partie en actions. Lundi, le "Wall Street Journal" évoquait des discussions avec un consortium bancaire en vue d’une telle opération. C’est que les choses commencent à s’emmancher. Dans la foulée, l’agence Bloomberg a sondé des spécialistes des marchés de la dette: les investisseurs ne manquent pas d’appétit pour de telles obligations.

3 A quelles cessions AB InBev devrait-il procéder pour satisfaire les autorités de concurrence?

Les principaux marchés où la fusion pourrait soulever des difficultés sont les Etats-Unis et la Chine, de l’avis d’analystes. Aux States, le nouvel ensemble devrait sans doute sortir de MillerCoors, la co-entreprise formée par SABMiller et Molson Coors. En Chine, la co-entreprise CR Snow, qui domine le marché domestique avec plus de 100 millions d’hectolitres par an (marque Snow) et dont SABMiller détient 49%, serait sans doute aussi remise en cause car AB-InBev s’est hissé lui-même à la troisième place du secteur. Ce serait certes dommage pour le nouveau groupe de perdre la moitié du premier brasseur chinois, mais d’un autre côté CR Snow ne chasse pas sur les terres des bières "premium" contrairement à la stratégie d’AB InBev. Lâcher ces 49% ne serait donc pas dramatique non plus. En Europe et en Amérique latine, les deux entités sont davantage complémentaires. En Afrique, enfin, AB InBev est quasi absent: aucun problème à redouter de ce côté.

4 Quel poids représenterait le nouvel ensemble?

En théorie, il aurait une part de 29% du marché mondial. En pratique, suite aux cessions d’actifs téléguidées par des considérations de concurrence et/ou de financement, ce serait un peu moins. Il représenterait aussi environ la moitié des bénéfices du secteur. Il compterait 220.000 emplois et dégagerait 70 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour 760 millions d’hectolitres vendus par an (moins les cessions).

5 Les actionnaires de contrôle d’AB InBev risqueraient-ils de se voir dilués?

Les actionnaires de contrôle belges et brésiliens détiennent 52% du capital d’AB InBev (à fin décembre 2013), dont 41% via leur fondation commune Stichting AK (Pays-Bas). En 2008, ils avaient contribué à l’effort de guerre sur Anheuser Busch en souscrivant à leurs parts d’une augmentation de capital de quelque 6 milliards. On pourrait imaginer le même genre d’opération, au terme de laquelle ils conserveraient une même proportion du capital. Mais ils pourraient aussi se voir dilués, tout en conservant les mêmes rapports entre eux.

6 AB InBev conserverait-il son siège social en Belgique?

Le groupe a maintenu le siège de Leuven après la fusion avec les Brésiliens en 2004, puis après le rachat des Américains en 2008. Sauf changements législatifs en… Belgique (lire édito), pas de raison que cela change suite à un nouveau rachat.

7 Le nouvel ensemble serait-il toujours coté à Bruxelles?

AB est coté à Bruxelles et New York (ADR), SABMiller à Londres et Johannesbourg. Une cotation multiple est envisageable. Pour la petite Euronext Bruxelles, le géant deviendrait quelque peu embarrassant du fait de la disproportion qu’il introduirait avec les autres valeurs.

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8 Quelles perspectives l’opération ouvrirait-elle pour les rivaux: Heineken, Carlsberg et consorts?

Ceux-ci pourraient se ruer sur les activités cédées par le nouveau groupe. En termes de compétition, en revanche, ils se verraient largués très loin derrière. Avec quel effet sur les économies d’échelle relatives à la portée des uns et des autres?

9 Les spéculations sur un rachat de Coca-Cola ou de Pepsi continueraient-elles?

Vraisemblablement pas dans un premier temps, car AB InBev devrait à nouveau s’atteler à son désendettement. À terme, pourquoi pas? Les activités "soft drinks" du groupe commenceraient à peser lourd.

10 AB InBev changerait-il à nouveau de nom?

On peut tout imaginer: SAB InBev, AB InBev SAB, ABI Miller… Juste une remarque: il ne faudrait pas que cela coûte trop cher en adaptations, car le groupe a une réputation de "cost killer" à conserver…

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