"L'IPO d'AB InBev en Asie servira de tremplin pour des acquisitions"

©REUTERS

AB InBev a redonné vie à son projet d'introduction à la Bourse de Hong Kong de ses activités Asie-Pacifique. Une décision saluée par le marché. Les analystes y voient un moyen pour le numéro un mondial de la bière de réaliser des rachats dans la région.

AB InBev persiste et signe. Le leader mondial de la bière a remis sur les rails son projet d’introduction à la Bourse (IPO) de Hong Kong de ses activités Asie-Pacifique. Un projet qui avait été suspendu en juillet dernier officiellement en raison des conditions de marché et, plus officieusement, car la fourchette de prix par action était jugée trop élevée par des investisseurs.

Selon certains sources, le dossier pourrait, cette fois, se concrétiser très rapidement avec une fixation du prix le 23 septembre et la première cotation quelques jours plus tard, le 30 septembre.

Une semaine après l'échec de la première tentative, on se souviendra qu’AB InBev avait vendu, à la surprise générale, sa filiale australienne Carlton & United Breweries à Asahi Group Holdings pour 11,3 milliards de dollars. La taille de l’opération sera donc différente.

Nous pouvons éliminer la réduction de la dette comme motivation car, selon nos estimations, l’opération avec Asahi réduira l’endettement qui va passer de 4,34 fois l’Ebitda à 3,97 fois, ce qui est en dessous de l’objectif que le groupe s’est fixé pour fin 2020, à savoir un niveau de 4.
Reg Watson
ING

Grimpette de 54%

Le marché a salué la persévérance du groupe. Le titre a grimpé jusqu’à 5% en matinée à 89,7 euros. Depuis le début de l’année, il s’est envolé de 54%, mais a limité ses gains à 17% sur douze mois.

Reg Watson d’ING souligne que la reprise de ce projet d’IPO si rapidement après l’annonce de la vente de Carlton laisse entendre qu’AB InBev a envie de réaliser des rachats dans la région. "Nous pouvons éliminer la réduction de la dette comme motivation car, selon nos estimations, l’opération avec Asahi réduira l’endettement qui va passer de 4,34 fois l’Ebitda à 3,97 fois, ce qui est en dessous de l’objectif que le groupe s’est fixé pour fin 2020, à savoir un niveau de 4."

APAC pourra financer des rachats via des échanges d’actions avec des vendeurs. Pour ceux-ci, il est plus attractif de détenir une participation relativement importante dans APAC qu’une plus petite dans AB InBev.
Fernand de Boer
Degroof Petercam

Selon l’analyste, qui reste pourtant à "conserver" sur la valeur avec un objectif de cours de 54,92 euros, les investisseurs accepteront sans doute cette fois de payer "la bonne valorisation", celle du principal concurrent de Budweiser Brewing Company APAC, la filiale d’AB InBev, ayant bondi de 25% depuis le mois de juillet.

Echanges d'actions

Fernand de Boer, de Degroof Petercam, est sur la même longueur d’onde que son confère d’ING. Cette opération servira de tremplin pour réaliser des acquisitions, estime-t-il. "APAC pourra financer des rachats via des échanges d’actions avec des vendeurs. Pour ceux-ci, il est plus attractif de détenir une participation relativement importante dans APAC qu’une plus petite dans AB InBev. C’est intéressant pour AB InBev dans la mesure où il peut tirer parti des multiples de valorisation plus élevés de sa filiale."


Taille de l'offre

L’IPO planifiée initialement valorisait la filiale entre 54 et 65 milliards de dollars ce qui aurait rapporté entre 8,4 et 9,8 milliards de dollars en cas de cession d’une participation de 15%.

Pour l’analyste de Degroof Petercam, l’échec de la première tentative d’IPO est imputable au profil de croissance trop faible des activités australiennes. Maintenant que ces dernières ont été cédées, un multiple plus haut pourrait être appliqué. Le montant total sera, bien entendu, moins élevé. Il table sur 6,5 milliards de dollars pour un bloc de 15%. Son objectif de cours passe de 93 euros à 100 euros, son conseil restant à "acheter".

Wim Hoste de KBC Securities ("acheter" ; 105 euros), pour sa part, évoque un chiffre compris entre 6 et 7 milliards de dollars en prenant en compte les mêmes multiples qu’en juillet. "Cette IPO combinée à la vente de Carlton devrait réduire le ratio dette nette/Ebitda à 4 fin 2019 et à 3,4 fin 2020."


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