La bière belge cale sur les marchés lointains

©CHRISTOPHE KETELS / BELGIAN FREE

Les ventes de bière se stabilisent en Belgique et progressent hors frontières. Sauf aux Etats-Unis et en Chine.

Amorcée au début du millénaire, l’expansion du paysage brassicole belge se poursuit sans discontinuer. Le cru 2018 ne fait pas exception à la règle: 43 nouvelles brasseries se sont lancées l’an dernier dans la production de bière. La Belgique compte désormais 304 brasseries, contre 261 l’année précédente. La barre des 200 avait été franchie en 2016.

Pays de la bière devant l’éternel, la Belgique est depuis 2017 le champion du monde des exportations.

Le succès de la boisson maltée "made in Belgium" ne se dément pas. Pays de la bière devant l’éternel, la Belgique est depuis 2017 le champion du monde des exportations. Notre pays a exporté l’an dernier 16,2 millions d’hectolitres de bière, contre 15,8 millions en 2017. Les chiffres des rivaux allemands et néerlandais ne sont pas encore connus, mais on sait déjà que les brasseurs belges restent les plus gros exportateurs du globe.

Etats-Unis et Chine

Ce n’est pas grâce aux deux plus gros marchés hors Union européenne que sont, dans l’ordre, les Etats-Unis et la Chine. Les brasseurs belges y boivent le bouillon: les exportations vers le pays de l’oncle Sam plafonnent à 2,3 millions d’hectolitres, contre 2,7 millions en 2017, et les Chinois se sont contentés de 615.000 hl, contre 780.000 l’année précédente.

"Il y a certes un recul des exportations vers les Etats-Unis, mais les chiffres de ventes restent supérieurs à ceux de 2016 et des années précédentes, relativise Jean-Louis Van de Perre, le président de Brasseurs Belges, la fédération du secteur. Mais le renforcement de la concurrence sur les marchés américain et chinois n’aide pas". Aux Etats-Unis, on dénombre aujourd’hui pas loin de 5.000 brasseries, qui taillent des croupières aux grands brasseurs étrangers dans les cafés et sur les rayons des supermarchés.

Diversification des marchés à l'export

De tels contrecoups justifient d’autant plus, selon le président de la fédération brassicole, une diversification maximale des marchés d’exportation. On note d’ailleurs une progression sensible des ventes de bière belge vers la Corée du Sud (400.000 hl, +18 %), vers la Russie (216.000 hl, +29 %) et vers l’Ukraine (129.000 hl, +28%).

On note une progression sensible des ventes de bière belge vers la Corée du Sud (400.000 hl, +18 %), vers la Russie (216.000 hl, +29 %) et vers l’Ukraine (129.000 hl, +28%).

Ce sont surtout les exportations intra-européennes qui permettent de sauver les meubles. Elles se sont en effet accrues de 5,5% à 10,8 millions d’hectolitres. A noter la progression sensible des ventes en France, plus que jamais le premier débouché extérieur des brasseurs belges (4,55 millions d’hectolitres, +6,6%).

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Stabilisation circonstancielle?

Depuis plusieurs années, la croissance des exportations est contrebalancée par un déclin de la consommation intérieure. Les chiffres de 2018 marquent une stabilisation à un peu plus de 7 millions d’hectolitres. Mais celle-ci est sans doute purement circonstancielle.

Le succès croissant des bières sans alcool est sans doute durable.
Nathalie Poissonnier
Directrice générale de la Fédération des brasseurs belges

Le Mondial de foot en Russie, avec la performance des Diables que l’on connaît, a fait couler la bière à flot en juin et en juillet. S’ajoute à cela la canicule prolongée de l’été, qui a dopé la consommation de pils et de bières peu ou non alcoolisées. Ce sont d’ailleurs les seules en progression. La consommation de bières d’abbaye et de dégustation, plus fortes, continue de reculer.

Les ventes de bières tirant entre 0 et 3,5% d’alcool ont à nouveau connu l’an dernier une croissance à deux chiffres. Les brasseurs en ont vendu 350.000 hectolitres (+20%), soit 5% du total. "Le succès croissant des bières sans alcool, qui s’explique notamment par une plus grande prise de conscience des risques liés à la consommation d’alcool, est sans doute durable", dit Nathalie Poissonnier, directrice générale de la Fédération des brasseurs belges. S’ajoute à cela une offre de plus en plus diversifiée, y compris du côté des bières de dégustation comme la Leffe 0,0 % ou la SportZot, version sans alcool de la Brugse Zot.

Le marché de la bière étant globalement stable, il y a donc clairement un glissement de consommation vers les bières légères ou sans alcool. Et ce n’est sans doute pas fini, au vu du succès de ce type de bière dans d’autres pays comme l’Espagne, où les bières sans alcool représentent près de 20% des ventes.

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