La Brasserie 28 rêve de s'implanter dans une dizaine de pays

André Van Hecke et Eric Coppieters inaugurent ce jeudi leur nouveau concept de gastro pub 28. ©Saskia Vanderstichele

Pour développer son concept de "food beer pairing", Eric Coppieters, le patron de la Brasserie 28, s’est entouré des compétences d’André Van Hecke.

Déjà partenaires dans l’enseigne Les Filles, André Van Hecke et Eric Coppieters (patron de la brasserie Caulier Sugar Free, spécialisée dans les bières sans sucre via la marque 28) renforcent leur relation. Le premier a développé pour le second le concept du gastro pub 28, gare Centrale, à Bruxelles.

Homme de marketing, c’est son premier métier, et fin bec (il est administrateur de Gault & Millau), le septuagénaire déborde d’énergie. Il a travaillé sur la carte de l’établissement, mariant la gamme de la vingtaine de bières 28 à différents plats à base de poisson, bœuf, agneau, volaille, etc. (ce qu’il appelle le "food beer pairing"), sur la marque, l’atmosphère via le lancement de six… webradios diffusées dans la brasserie et accessibles en ligne, concept qu’il a découvert à Majorque. "Il y a un nouveau public autour de la bière pour qui ce n’est pas une boisson de 3e mi-temps, mais une boisson aussi complexe que le vin", assure André Van Hecke qui entend développer autour de la bière le concept des wine bars italiens et espagnols. "André a mis en place une discipline de travail autour de ce ‘food beer pairing’, se réjouit Eric Coppieters. L’objectif est à présent de l’étendre."

Comme son comparse, ce dernier ne tient pas en place. En 2017, il a accueilli de nouveaux actionnaires italien et mexicains dans son entreprise dont il détient la majorité des parts, le solde étant aux mains de partenaires privés. Ce qui a permis deux opérations: la brasserie a fusionné avec son homologue artisanale italienne Toccalmatto et conclu un partenariat sous forme de master franchise avec des entrepreneurs mexicains. Dans la foulée, son capital a grimpé de 3,1 millions pour atteindre 7,9 millions.

L’opération italienne lui a permis de développer six établissements. La Botte représente 70% des ventes, le Benelux et le Mexique le solde. Pour l’exercice 2018-2019, qui se clôturera fin mars, il table sur plus de 9 millions (250.000 il y a cinq ans), pour un ebitda de plus d’un million. Les deux unités de production, à Parme, et à la brasserie de Proef à Gand, produisent désormais 17.000 hectolitres par an. Prochaine étape: la création d’unités de production propre, au Mexique en 2020 et en Belgique en 2021 sur le site de Tour & Taxis.

Ces projets reflètent la stratégie en trois étapes développée pour conquérir l’étranger. Un: faire distribuer ses produits avec un partenaire local. Deux: ouvrir des gastro pubs. Trois: y développer une unité de production. Eric Coppieters rêve de dupliquer le modèle dans une dizaine de pays. De nouveaux partenariats ont été signés en Espagne (démarrage le 1er avril) et au Texas. La Chine et l’Australie sont aussi visées.

La Brasserie 28 vise l’ouverture d’une dizaine de gastro pubs en Belgique.

En Belgique, le projet Tour & Taxis s’accompagnera d’un nouveau gastro pub. Eric Coppieters estime qu’il y a de la place pour une bonne dizaine d’implantations: à Bruxelles, Anvers ou Liège. "Le secteur des brasseries étant cadenassé à 80% par deux grands groupes, AB InBev et HLS, il est difficile d’y pénétrer. Nous devons donc ouvrir nos établissements pour promouvoir les produits", indique André Van Hecke. Eric Coppieters considère en effet le gastro pub comme un "média" permettant de doper la notoriété de la marque et de pénétrer d’autres réseaux: magasins bio, beer shops, horeca.

Cette stratégie est cependant gourmande en liquidités. Le groupe a donc procédé en juin dernier à une nouvelle augmentation de capital de près de 4 millions portant celui-ci à 11,8 millions. Dans les semaines à venir, une nouvelle opération de ce type est prévue pour un montant de 2 à 3 millions. S’y est ajouté un crowlending qui a connu un joli succès selon Eric Coppieters: "Nous voulions lever 500.000 euros, on en a récolté 730.000 en deux minutes auprès de 350 souscripteurs!"

Synergies
Se rapprocher des "Filles"

Caulier Sugar Free a investi plus de 500.000 euros dans Les Filles, enseigne bruxelloise cornaquée par Line Couvreur, Catherine Kirszbaum et André Van Hecke. Ce qui a permis l’ouverture d’un quatrième établissement au Musée Belvue et aux Filles d’atteindre 2 millions de chiffre d’affaires en 2018 avec, pour la première fois, un ebitda positif. Le rapprochement entre les deux enseignes va s’accentuer"C’est quasi le même management, la même philosophie, les mêmes fournisseurs", note Eric Coppieters. Des bières 28 sont ainsi disponibles chez Les Filles et les deux enseignes veulent davantage mutualiser leurs moyens. Notamment la livraison à domicile: "Les Filles le font déjà pour les repas, nous voulons le faire pour la bière", indique Eric Coppieters. André Van Hecke est aussi à la recherche d’un atelier de 800 m² dans la capitale. Cela permettrait le développement des gastro pubs 28 et aiderait Les Filles à passer à la vitesse supérieure via des comptoirs d’accès pour le take away et la livraison.


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