La Brasserie de Chimay étrenne le plus gros investissement de son histoire

©Anthony Dehez

La plus grande des brasseries de la communauté trappiste se dote d’une nouvelle ligne d’embouteillage. Elle a déboursé 17 millions d’euros pour réduire encore son empreinte écologique.

La Brasserie de Chimay a inauguré jeudi sa nouvelle ligne d’embouteillage sur le zoning industriel de Baileux, à quelques kilomètres de l’abbaye de Scourmont où la bière est toujours brassée. La cérémonie a marqué le parachèvement du plus gros investissement réalisé à ce jour par la brasserie trappiste: elle y a consacré 17 millions d’euros, sur fonds propres. Les équipements ont absorbé 13,5 millions, tandis que les bâtiments, les travaux de génie civil et la voirie ont coûté 3,5 millions.

Contrairement à ce que pourrait croire le citoyen lambda, il ne s’agit pas tant, pour l’entreprise, de soutenir l’augmentation de la production et des ventes que de soigner la qualité et l’empreinte écologique de son activité. "La brasserie trappiste prône une croissance raisonnable et raisonnée, de l’ordre de 2% par an, souligne son directeur général Xavier Pirlot. La première raison qui a présidé à cet investissement est le manque de place."

185.000
L’an dernier, la Brasserie de Chimay a produit 185.000 hectolitres de bière, ce qui en fait la première des trappistes en volume.

L’unité de Baileux, qui abrite les activités d’embouteillage et de stockage, n’offrait plus d’espaces suffisants pour développer de nouveaux projets de packaging. D’où la décision d’agrandir le bâtiment, qui s’étendait sur 10.000 m2, par la construction d’un nouveau hall de 4.000 m2.

"La deuxième raison, poursuit le dirigeant, est que nous souhaitions bénéficier des apports qualitatifs offerts par les nouvelles machines. C’est comme les voitures: les modèles d’il y a dix ou vingt ans sont nettement moins performants que les nouveaux. La troisième raison est que nous voulons continuer à réduire notre empreinte écologique. La technologie des nouveaux moteurs nous permettra de diminuer notre consommation d’énergie de 15 à 20%."

Photovoltaïque et éolien

L’abbaye de Scourmont et les entreprises qu’elle a créées (Bière de Chimay, Chimay Fromage, Auberge de Poteaupré, Fondation Chimay Wartoise…) ont à cœur d’investir dans le respect de la planète et de ses ressources. Après s’être engagé en 2012 dans un premier programme de réduction de ses consommations énergétiques dans le cadre de l’accord de branche conclu entre la Région et Fevia, la fédération du secteur agroalimentaire, Chimay s’est réengagé sur un deuxième accord de branche pour la période 2013-2020, avec entre autres objectifs d’augmenter son indice d’efficacité énergétique de 21% et de réduire son indice de gaz à effet de serre de 30%.

Les nouveaux investissements à Baileux incluent l’installation de 1.200 panneaux photovoltaïques sur le toit du nouveau hall, afin d’alimenter la nouvelle ligne en électricité.

Et ce n’est pas tout. Chimay planche aussi sur la construction d’une éolienne sur le site industriel. "Nous attendons la signature de la dernière autorisation, indique Xavier Pirlot. Le projet prévoit qu’elle alimentera également le site de Baileux, de sorte qu’à terme l’unité de packaging de la brasserie et la fromagerie seront autonomes à 80% en électricité."

La fromagerie pas oubliée

La fromagerie des moines trappistes accueille également un vaste chantier de rénovation. Un investissement de 1,7 million d’euros y est en cours. "Il n’est pas non plus centré sur l’augmentation globale de la production, mais sur la qualité, l’amélioration des flux, de matières comme de personnes, et la hausse de la capacité d’affinage", précise le directeur général.

L’an dernier, la Brasserie de Chimay a produit quelque 185.000 hectolitres de bière. Elle est, en volume, la première des six brasseries trappistes du pays, devant Westmalle. En vitesse de croisière, elle investit entre 3 et 5 millions d’euros par an dans son matériel et ses bâtiments. Comme ses consœurs, l’entreprise dirige une part non négligeable de ses profits à des projets d’entraide. C’est la Fondation Chimay Wartoise qui redistribue les bénéfices.

La brasserie emploie 110 collaborateurs et la fromagerie 30, soit un total de 140 emplois auxquels il faut ajouter une vingtaine de travailleurs intérimaires ou saisonniers. Outre ces 140 à 160 emplois directs, l’ensemble des activités orchestrées sous la houlette de l’abbaye occupe environ 90 personnes, ce qui donne un total de 250.

La fromagerie collabore avec près de 250 fermiers de la région, qui l’alimentent en lait dans un rayon de 30 kilomètres autour de Baileux. Elle produit quelque 900 tonnes de fromage par an. En temps normal, elle investit entre 300.000 et 500.000 euros par an.

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