La crise du Covid touche trois entreprises alimentaires sur quatre

Le fermeture de l'horeca, c'est une perte de chiffre d’affaires de 320 millions d’euros par mois pour l'industrie alimentaire, selon la Fevia. ©Kristof Vadino

La crise du Covid devrait peser près de 4 milliards d'euros sur les entreprises du secteur alimentaire. Un quart d'entre elles ont des problèmes de liquidités.

Une première mise en garde avait été lancée en juin dernier. Cinq mois plus tard, la Fevia enfonce le clou: selon une enquête menée par la fédération sectorielle, trois entreprises alimentaires sur quatre paient un tribut à la crise du Covid-19.

La baisse d'activité moyenne tourne autour de 9%. "Mais pour 8% d'entre elles, la baisse est d’au moins 50%", souligne Bart Buysse, CEO de la Fevia. La perte totale de revenus approcherait les 4 milliards d'euros (-7%).

50%
Pour 8% des entreprises alimentaires, la baisse de revenus engendrée par la crise sanitaire est d’au moins 50%.

Aucun sous-secteur n'est épargné. "L'évolution dépend du canal de vente. Les entreprises qui vendent surtout au commerce de détail s’en sortent, mais celles qui ciblent l’horeca et le foodservice sont très affectées. L’horeca représente à lui seul une perte de revenus de 320 millions d’euros par mois", précise Bart Buysse.

Contraintes de parer au plus pressé, les entreprises sabrent dans les investissements: 36% de ceux-ci sont reportés et 7% sont purement et simplement annulés. Deux tiers des entreprises s'attendent à une activité en berne dans les 6 prochains mois. Les investissements devraient reculer de 22%. Et plus de 4.000 postes pourraient être menacés (-4,5%).

Liquidités en berne

Un quart des entreprises du secteur alimentaire ont des problèmes de liquidités. Le problème est moins aigu que durant la première vague, mais il n'en rend pas moins nécessaire une prolongation des mesures de soutien des pouvoirs publics pour le secteur alimentaire, constitué à 96% de PME.

"La question est de savoir quand on reviendra à la normale. Les entreprises restent inquiètes pour les six prochains mois. Les mesures de soutien devraient donc se prolonger au moins jusqu’à la mi-2021", souligne Jan Vander Stichele, président de la Fevia.

"Les entreprises sont inquiètes pour les 6 prochains mois. Les mesures de soutien devraient donc se prolonger au moins jusqu’à la mi-2021."
Jan Vander Stichele
Président de la Fevia

Deux entreprises alimentaires sur trois s'attendent du reste à une baisse de l'activité économique en 2021, avec pour corollaire un chiffre d'affaires de 5,7% en deçà de la normale. Les incertitudes du Brexit, qui menace les relations commerciales avec un Royaume-Uni qui rapporte 2 milliards d’euros par an au secteur alimentaire, n'ont rien pour rassurer.

S'ajoute à cela le fléau des achats transfrontaliers, qui représentent pour l'industrie alimentaire un manque à gagner de 620 millions d’euros par an. Selon la Fevia, la fermeture temporaire des frontières au printemps a démontré par l'absurde l'impact de cette consommation hors-frontières: les achats transfrontaliers ont alors chuté de 60%, avant de repartir à la hausse dès la réouverture des frontières et de retrouver leur niveau habituel d'environ 155 millions d'euros par trimestre.

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