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La famille Colruyt investit dans le soja

Benjamin Laga (à droite), CEO et cofondateur de Protealis avec Jonas Aper (à g.), espère commercialiser les premières semences de soja adaptées au climat européen.

La start-up gantoise Protealis, qui développe du soja compatible avec un climat tempéré, double son capital. Le holding Korys (Colruyt) entre dans la danse.

D'ici l'an prochain, la société Protealis devrait commercialiser chez nous ses premières semences de soja adaptées aux climats tempérés. Elle espère étendre dès 2023 son marché au nord de la France et au sud de l'Allemagne.

Pour accélérer son essor et renforcer sa plateforme de recherche, la start-up gantoise, forte d'un capital d’amorçage de 6 millions d’euros fourni par des investisseurs flamands, accélère la cadence. Un nouveau tour de table financier était en principe prévu dans les 3 ans. Elle double déjà quasiment son capital en levant 5,7 millions supplémentaires auprès d'investisseurs belges et internationaux.

Parmi ceux-ci figure le fonds Korys, véhicule d’investissement lié à la famille Colruyt , qui apporte "sa connaissance de l’industrie de la transformation en aval". Et qui a bien compris tout l'intérêt d'investir dans la production locale d'un végétal riche en protéines. La demande de substituts protéinés végétaux est en effet en progression constante (+15% par an) mais reste limitée par la disponibilité du soja non-OGM.

"Nous voulons permettre une culture du soja rentable et la rapprocher des industries productrices de protéines végétales."
Benjamin Laga
CEO de Protealis

Les autres investisseurs sont Estari, un fonds britannique déjà présent dans le capital, les fonds néerlandais Innovation Industries et HFT, et Thia Ventures, un fonds basé à Genève et focalisé sur les biotechnologies et la nutrition.

Russie et Ukraine

L’enjeu, c’est de pouvoir assurer une production rentable dans une zone allant de la Loire au nord des Pays-Bas et incluant les zones de l’Allemagne, de l’Ukraine et de la Russie couvrant les mêmes latitudes. "Nous voulons permettre une culture du soja rentable et la rapprocher des industries productrices de protéines végétales", explique Benjamin Laga, cofondateur et CEO de Protealis.

3
Tonnes/hectare
Dans nos contrées, il faut un rendement se situant entre 3 tonnes et 3,5 tonnes par hectare pour une culture rentable.

La société gantoise voit déjà plus loin. Des contacts ont déjà été pris avec des exploitants russes et ukrainiens, deux pays où la culture du soja est déjà très répandue (3 millions d'hectares en Russie, un million en Ukraine). "Alors que chez nous, il faut un rendement se situant entre 3 tonnes et 3,5 tonnes par hectare pour une culture rentable, un rendement de 2,5 tonnes/ha suffit dans ces pays, le prix du terrain et le coût du travail étant inférieurs", explique Benjamin Laga.

Les premières ventes de semences se feront à petite échelle, le soja étant difficile à multiplier et nécessitant donc de garder des semences pour pouvoir renouveler les cultures. Mais une fois la mécanique enclenchée, Protealis envisage déjà une diversification vers les pois jaunes. Mais ce ne sera pas avant 7 ou 8 ans.

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