La Fedis ne veut plus du titre-repas

Dominique Michel, administrateur de Fedis, en guerre contre les titres-repas

La Fedis appelle à la suppression du titre-repas que ses membres jugent trop onéreux et inutile. C'est qu'ils se sentent grands perdants dans un système qui privilégie surtout les émetteurs. Aussi, la Fedis plaide pour le remplacement du titre-repas par un salaire net alternatif.

Alors que l'arrêté royal sur les chèques repas électroniques doit être publié dans les prochains jours, la Fedis appelle à la suppression de l'ensemble du système. “Nous ne voulons pas toucher au montant net versé aux travailleurs”, affirme Dominique Michel, Administrateur délégué de la Fedis. “Mais pourquoi continuer à passer par l’intermédiaire de ces sociétés ? Cela ne profite ni aux employeurs, ni aux travailleurs, ni aux commerçants”. Bref, le titre-repas, les membres commerçants de la Fedis, représentant quelque 300.000 travailleurs, n'en veulent plus.

L'émission des titres-repas se chiffre à 250 millions exemplaires par an, soit à peu près un demi-million d'euros. Les commerçants, pour la plupart membres de la Fedis, voient 75% de cet argent dépensé dans leurs commerces, que ce soit dans l'alimentaire ou dans les chaînes de restaurants. “ Nos membres semblent donc être les grands gagnants du système actuel, mais ce n’est nullement le cas”, poursuit Dominique Michel. “ Le commerçant doit payer 10 cents par chèque pour les coûts administratifs, et très souvent également une commission aux émetteurs des titres". Les grands gagnants, ce sont donc les émetteurs qui perçoivent une commission des employeurs, une commission des commerçants. Ils reçoivent l'argent bien avant de le devoir aux commerçants et empochent enfin l'argent des titres repas perdus ou périmés (5% des titres-repas).

Et l'arrivée du titre-repas électronique n'occasionnera aucun changement. “ Nos membres ayant reçu des propositions de contrat de l’un des deux acteurs, Sodexho ou Edenred, se plaignent des commissions très élevées qui leur sont demandées”, indique Dominique Michel. “ En outre, la loi ne prévoit pas de période de transition : les versions électronique et papier coexisteront. Les entreprises décideront individuellement, au sein de leur conseil d’entreprise, de passer ou non à la variante électronique, et pourront également revenir sur leur décision, ce qui prêtera une fois de plus à confusion. Les commerçants devront donc continuer à soutenir la version papier, quand bien même elle ne sera plus présentée par le client qu’en très petite quantité.”

Aussi, le porte-parole du commerce et des services en Belgique plaidet-t-il pour une solution alternative: attribuer un supplément de salaire net sans plus passer par des intermédiaires. “ Il n’y a aucune raison de maintenir cette construction artificielle ” conclut Dominique Michel. “ Pourquoi un employeur devrait-il être dépendant d’une tierce personne (les émetteurs de chèques) pour octroyer un avantage à ses travailleurs?"

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