La moutarderie Bister vendue à Natura

©Didier Mossiat

Faute de repreneur familial, Fabienne Bister s'est résolue à vendre l'entreprise qui emploie 12 personnes en Belgique et une douzaine en France. Etablie à Tubize, Natura a grandi par acquisitions pour atteindre aujourd'hui 3,5 millions de chiffre d'affaires.

Une page se tourne pour la société familiale et centenaire Bister. La moutarderie établie à Achène quitte en effet le giron familial. C'est Arthus de Bousies, déjà propriétaire du groupe spécialisé dans les sauces et les condiments Natura qui s'est porté acquéreur. Le montant de la transaction n'a pas été communiqué. 

En 2012, de Bousies âgé alors de 30 ans a repris la société Natura, qui réalisait alors, avec 5 emplois à temps plein, un chiffre d’affaires de 650.000 €. Sept ans plus tard, la société présente un chiffre d’affaires de 3,5 millions d’euros et compte 20 emplois à temps plein. Entretemps Natura a grandi essentiellement par acquisition: le néerlandais Ton’s Mosterd et le fabricant belge de confits d’oignons et de figues Top Quality en 2018. Bister est donc la quatrième acquisition de Arthus de Bousies en 8 ans. En intégrant Bister, ce ne sont pas moins de 30 nouvelles références qui viennent désormais s’ajouter à la gamme. Quant à l’effectif du groupe, où chaque emploi sera maintenu, il atteint désormais 45 personnes.

Grâce à cette nouvelle acquisition, Natura accède également au marché français où Bister a développé ses activités à travers sa société-sœur Bister France SARL, basée à Saint-Thibault (Champagne). 

La transaction porte naturellement sur le site de production d'Achènes où la moutarderie avait transféré son site de production en 2013. Le site historique de Jambes qui avait vu naître la moutarderie en 1926 se révélait obsolète. Elle englobe également l'usine Champenoise de Saint-Thibault. Le directeur de l'usine française, associé de Fabienne Bister, intégrera le nouveau groupe au terme de la vente de ses parts. 

Pour Fabienne Bister, représentante de la troisième génération familiale, la question de la succession se posait depuis quelques années. Faute de repreneur naturel parmi ses propres filles, Fabienne Bister avait démarché ses cousins et cousines, remontant même jusqu'à d'autres branches de la famille pour trouver un amateur familial. Mais en vain. "J'ai donc fini par proposer aux sept autres actionnaires toutes générations confondues de vendre l'entreprise. Ce qui a été approuvé assez facilement", témoigne Fabienne Bister, qui détenait près de 66% du capital de l'entreprise. 

Bister se lance alors dans un tour d'horizon du secteur pour tenter de trouver un repreneur. "Le secteur au sens large, pas uniquement la moutarderie, mais aussi les sauces ou les préparations et les condiments." Le monde est assez petit. Entre les prospects et ceux qui se présentent spontanément, le choix se porte finalement sur Arthus de Bousies, relativement "jeune" dans le métier qui fait preuve d'un dynamisme qui emporte l'adhésion de Bister.? "C'est un peu le neveu que j'aurais voulu avoir", avoue-t-elle. 

L'acquéreur apporte des garanties en termes d'emplois dans le cadre de la reprise. Le personnel comme le mangement sera maintenu et Fabienne Bister accompagnera la transition pour quelques mois. De même, de Bousies conservera la marque et son image, notamment via le fameux pot en forme de grenade. 

"Bister correspond parfaitement à la stratégie de marques fortes locales que je poursuis", précise de Bousies. La moutarde Bister, L'Impériale et ses dérivés en Belgique et en France, de même que les condiments de l'Etoile viendront renforcer le portefeuille de Natura dans les mayonnaises et les vinaigrettes, en Belgique et aux Pays-Bas. "On ne touchera ni à la gamme de produits, ni à leur positionnement, ni à la méthode de production", affirme de Bousies. 

Le nouvel actionnaire compte évidemment générer des synergies du fait de l'intégration. Du côté des achats notamment (évaluées a priori à 3% du montant total actuel) mais aussi sur le plan commercial. "Les marques de Bister disposent d'une belle visibilité dans la grande distribution. Elles viennent renforcer notre portefeuille et pourront tirer nos autres marques", explique encore de Bousies. 

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