La première ferme aquaponique sur les toits anderlechtois

©BIGH / Melvinkobe Photography

Pour intégrer des fermes aquaponiques en ville, la start-up bruxelloise BIGH a levé 4,3 millions d’euros auprès d’investisseurs privés et publics. Elle vient d’ouvrir sa première ferme urbaine sur le toit du Foodmet (Anderlecht) sur 4.000 m².

Proposer de manière couplée un élevage de poissons et la production de fruits, légumes et herbes sans aucun additif chimique sur un seul et même toit : c’est le pari de la start-up BIGH (Building Integrated GreenHouses). Elle a été créée voici trois ans avec l’objectif d’optimiser les bâtiments urbains et leur valeur immobilière tout en rendant la ville durablement productive.

Une ferme en ville, pour quoi faire?

Pour y parvenir, un réseau de partenaires et d’acteurs professionnels a été créé autour de la start-up. L'idée? Distribuer ses productions alimentaires animales et végétales en circuit court et surfer sur la tendance actuelle des citadins à consommer local.

Depuis, BIGH a travaillé sur les systèmes d’intégration de serres aux bâtiments existants. Elle récupère l’eau de pluie pour alimenter les sites de production identifiés. Cette approche commerciale et écologique, exploitant l’économie circulaire au sein des villes, lui a valu d’être sélectionné l’an dernier parmi les 10 finalistes (sur 320) du concours des "Radicale Vernieuwers 2017".

"Pour atteindre notre objectif technique, nous avons intégré l’expérience acquise par notre actionnaire ECF Farmsystems (à Berlin), qui développe des fermes aquaponiques sur toit et sur terre ferme depuis 2013 déjà. Ce système optimise la consommation d’eau et le recyclage des déchets organiques, qui ne sont plus déversés dans l’environnement mais immédiatement revalorisés et consommés par les plantes. Dans leurs déjections, les poissons rejettent notamment de l’ammoniac, directement transformé en nitrate grâce au filtre biologique. L’eau ainsi naturellement fertilisée est utilisée pour irriguer la culture des légumes et fruits", détaille Steven Beckers, un des initiateurs du projet.

Investisseurs privés et publics

Restait à lever les fonds nécessaires pour implémenter le concept mis au point. C’est ce que BIGH a réussi au même moment auprès de plusieurs investisseurs privés et publics:

  • Fidentia Green Buildings
  • Finance.brussels (groupe SRIB)
  • Talence
  • LTFD 
  • ECF. 

Cette levée de fonds a servi à fonder BIGH Anderlecht, la première société de ferme du réseau de BIGH: conception, développement, construction. Elle a aussi oeuvré au développement des prochaines fermes du holding BIGH.

Débuté en juillet dernier et achevé il y a quelques semaines, le premier site de production a donc officiellement vu le jour ce lundi sur les toits du Foodmet, la nouvelle halle alimentaire créée sur le site des abattoirs d’Anderlecht.

→ 2000 m² de serre horticole avec pisciculture couplée

→ 2000 m² de potagers formant "la plus grande ferme urbaine sur toit en Europe", selon ses concepteurs

©BIGH / Melvinkobe Photography

Souffle économique circulaire nouveau

"En s’intégrant dans les bâtis existants ou à construire, les projets de BIGH rejoignent l’ADN de Fidentia Green Buildings. Son activité vise depuis des années au redéveloppement d’immeubles en leur offrant des caractéristiques environnementales plus élevées", précise Louis de Halleux, le patron de Fidentia. "Le monde économique actuel manque de souffle. Et ce projet rencontre une série de préoccupations environnementales et sociales régionales que nous poursuivons, en lien avec les principes de l’économie circulaire au service du développement humain et de la qualité de vie de tous les Bruxellois C’est pourquoi finance.brussels investit 500.000 euros sous forme mixte", renchérit pour sa part Serge Vilain, le président du Comité de Direction de finance.brussels (SRIB).

Projet triple play

"BIGH offre un avantage économique jusqu’ici négligé pour l’immobilier qui nous intègre. À terme, nous avons pour ambition de créer un réseau de fermes au cœur des grandes villes européennes. À terme, la ville devient une solution si la recherche d’impact positif est faite à tous les niveaux - énergie, eau, qualité de l’air, biodiversité, ressources en matériaux - tout en créant de l’emploi et de l’insertion", annonce déjà Steven Beckers.

Et pour écouler la production en cours, celui-ci précise que des contrats sont d’ores et déjà signés avec des intermédiaires spécialisés de toute taille : Carrefour, Rob, mais aussi nombre de magasins et restaurants locaux. Quand on lui demande si la production pourra suivre si la demande est au-rendez, il répond en deux temps : "Sur les micro-pouces, on peut produire davantage; sinon, il faut miser sur la multiplication des fermes urbaines. C’est notre but et nous avons des projets dans les cartons!"

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