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Le bad buzz intentionnel de Bicky Burger, pathétique et lamentable

La publicité ratée de Bicky Burger montre un homme qui bat sa femme.

En bien ou en mal, peu importe, pourvu qu’on en parle. C’est sans doute ce que les responsables marketing de Bicky Burger ont dû se dire quand ils ont lancé leur dernière campagne publicitaire.

On y voit un homme frapper une femme violemment en plein visage car celle-ci ne lui propose pas un "vrai" Bicky Burger.

©doc

Évidemment, le dessin a provoqué un tollé sur la toile. Comment aurait-il pu en être autrement? Qui pourrait applaudir à une telle violence? Qui rirait face à un tel dessin? Et surtout, il est impossible de se dire qu’aujourd’hui, en 2019, alors que la lutte contre les violences faites aux femmes bat son plein, un publicitaire se soit dit: "On va faire un dessin qui montre un mec qui défonce une nana parce qu’elle lui rapporte un faux Bicky Burger" et que son collègue lui ait répondu "Quelle bonne idée, c’est drôle". Non, sans doute lui a-t-il répondu: "ça va faire le buzz."

Et on y est. L’archétype même du bad buzz intentionnel. ça choque. Le hashtag se répand, les pages Facebook reprennent l’image à gogo. Bicky Burger est partout.

On cataloguera définitivement cette pub– que le groupe n’a retirée qu'une dizaine d'heures après sa publication en déclarant que comme la violence contre les femmes, "la vente de faux Bicky’s ne se fait pas non plus!" – par deux mots empruntés à un collègue: pathétique et lamentable. Et on le jure: plus jamais on ne passera commande pour un Bicky.

Le Jury d'éthique va être saisi 

La secrétaire d'Etat bruxelloise en charge de l'Egalité des chances, Nawal Ben Hamou (PS) va déposer plainte auprès du Jury d'éthique publicitaire au sujet de la publicité en question. "La marque incite clairement à des comportements répréhensibles qui mettent l'intégrité physique des femmes en danger", déplore-t-elle. "Bicky Burger se permet de lancer une campagne publicitaire nauséabonde et totalement irresponsable (...) Cela montre à quel point nous devons encore intensifier la lutte contre les violences faites aux femmes et contre le cyber sexisme", a encore déclaré la secrétaire d'Etat bruxelloise. 

La ministre wallonne pour l'Egalité des chances, Christie Morreale (PS), compte entreprendre une démarche similaire, a-t-elle fait part sur Twitter. De son côté, la députée fédérale Ecolo Sarah Schlitz a quant à elle annoncé son souhait d'interroger la ministre de l'Egalité des chances, Nathalie Muylle (CD&V) "sur les moyens d'action pour lutter contre ce type de publicité sexiste racoleuse." 

Le Jury d'éthique publicitaire (JEP) a déjà reçu des centaines de plaintes concernant la publicité. "En comparaison avec d'autres campagnes, ce nombre est énorme", indique mercredi le président du JEP, Piet Moens.

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