Le baijiu, ce spiritueux méconnu, arrive en Belgique

Le Baijiu de Kweichow Moutai ©De Tijd

C’est l’alcool le plus vendu au monde. De très loin. Mais quasi exclusivement dans le pays où il est produit, la Chine, qui souhaite désormais l’exporter. Notamment en Europe.

Il participe à tous les événements festifs et culturels du pays. Le baijiu, qui signifie "alcool blanc", est élaboré avec du sorgho, une plante herbacée originaire d’Afrique, du riz et diverses céréales. Il rythme les repas de fête dans son pays natal, la Chine. Ceux-ci sont souvent interrompus par un toast porté en levant son petit verre de baijiu. On le boit traditionnellement cul sec avant de montrer à ses voisins de table que le verre est bien vide!

En Chine, il n’existe pas de festin sans alcool. Mais au-delà de cette habitude séculaire, l’industrie du baijiu impressionne. Il est consommé pour 99% en Chine et l’an dernier, 8,71 milliards de litres y ont été produits. Davantage que toutes les marques de vodka et de whisky réunies. Un chiffre d’affaires qui donne aussi le tournis. L’an dernier, il est évalué à 84 milliards de dollars.

Dans le tiercé de tête

Vieilli dans des jarres de six mois à cinq ans, il titre entre 35 et 66° d’alcool et se présente sous différentes formes: light, strong, sauce aroma et rice aroma. Dans le rapport 2018 de la Brands Finance Spirits, trois marques se positionnent dans le tiercé de tête des alcools les plus vendus. Ce sont trois baijiu qui devancent le whisky écossais Johnny Walker. Et dans le top 10, on en retrouve encore deux voisinant avec des marques internationales connues dans le monde comme le tennessee whiskey Jack Daniel’s, le cognac Hennessy et le rhum Bacardi. Kweichow Moutai, la marque leader, annonce tous les ans un chiffre d’affaires de plus de 20 milliards de dollars.

"Ganbei!" après chaque verre cul sec de baijiu

Depuis 2006, la Chine désire exporter son alcool de référence. Une tentative, timide, aux Etats-Unis mais le goût du baijiu ne répond pas aux codes gustatifs occidentaux. Pour l’histoire, lors des visites de présidents américains, ils trinquèrent tous verre de baijiu en main. De Nixon à Obama.

Avec l’exportation, la Chine ne souhaite pas bouleverser les ventes d’alcools dans le monde. Ce qu’elle recherche avant tout, c’est une reconnaissance mondiale pour son spiritueux. Qu’il soit référencé dans des bars branchés, être placé dans de beaux hôtels.

L’avenir commercial à l’exportation du Baijiu passe certainement par l’élaboration de cocktails, un mode de consommation inconnu en Chine pour cet alcool. En attendant de pouvoir le déguster en Belgique… Mais un container est en route vers notre pays.

Et cet été, le Concours Mondial de Bruxelles se déplacera à Fenyang pour organiser sa sélection d’alcools du monde. Le baijiu en fera partie.

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