Le bio occupe 11,5% de la surface agricole wallonne

En 2019, 74 fermes wallonnes se sont converties au bio, faisant passer le nombre d'exploitations bio à 1.816. ©Belgaimage

En 2019, 74 fermes wallonnes sont passées au bio et plus de 3.300 hectares ont été reconvertis à l'agriculture biologique. De quoi assurer un équilibre avec une demande en progression sensible.

Cela fait plusieurs années que les produits bio attirent de plus en plus de consommateurs. La crise du Covid-19 leur a donné un coup de fouet supplémentaire. Les responsables de la filière bio wallonne s'en félicitent, tout en saluant aussi le bon équilibre entre l'offre et la demande. Car la production bio a elle aussi le vent en poupe.

C'est ainsi que l'an dernier, 74 fermes wallonnes se sont converties au bio, faisant passer le nombre d'exploitations bio à 1.816. Les surfaces dédiées à ce mode de culture ont pour leur part été gonflées de plus de 3.300 hectares pour atteindre 84.422 hectares (sur un total d'un peu plus de 93.000 pour le pays). La proportion de la surface agricole wallonne dédiée au bio atteint ainsi 11,5%.

84.422
hectares
En Wallonie, les surfaces agricoles bio ont été gonflées de plus de 3.300 hectares pour atteindre 84.422 hectares.

La progression du nombre d'exploitations et des surfaces est à peu près linéaire depuis plus de 10 ans. Pour le ministre wallon de l'Agriculture Willy Borsus (MR), l'objectif de 30% de surfaces dédiées au bio d'ici 2030 reste donc réalisable.

Deux fois plus de fruits

La majeure partie du paysage agricole bio (75,7%) est occupée par les prairies. C'est logique: l'agriculture bio nécessite des surfaces de prairie par animal plus importantes pour assurer une autonomie fourragère maximale. Mais la croissance la plus forte se produit dans le segment des grandes cultures, majoritairement des céréales (+9% à 17.257 ha) et surtout des fruits et légumes (+20% à 2.608 ha). Une réponse à la progression sensible de la consommation de ces produits: la part de marché des légumes frais bio est passée de 12,7% en 2018 à 13,5% l'an dernier et celle des fruits frais de 10 à 11,2%. Depuis 2015, la consommation de fruits bio a plus que doublé.

"Les informations sont encore floues, mais il y a eu une croissance importante de la demande en fruits et légumes ces dernières semaines."
Noémie Dekoninck
Coordinatrice BioWallonie

Avec le confinement, cette poussée s'est même accélérée. "Les informations sont encore floues, mais il y a clairement eu une croissance importante de la demande en fruits et légumes ces dernières semaines", souligne Noémie Dekoninck, coordinatrice à l'ASBL BioWallonie.

Si le nombre d'exploitations bio augmente régulièrement, leur surface moyenne recule légèrement. Une ferme bio couvrait en moyenne 46,5 hectares l'an dernier (soit 10 ha de moins que la moyenne globale), contre un peu plus de 50 ha en 2012. Le signe de l'attrait croissant pour une filière rentable auprès des petits producteurs.

46,5
hectares
En Wallonie, une ferme bio couvre en moyenne 46,5 hectares, contre un peu plus de 50 ha en 2012.

Cette présence renforcée du bio répond à une croissance régulière de la demande. Les dépenses des ménages belges en produits frais ont augmenté de 3% en 2019 pour avoisiner les 530 millions d'euros. Sur dix ans, elles ont augmenté de 70% en Flandre et ont triplé en Wallonie.

La part de marché du bio en alimentaire atteint ainsi 3,4% dans le pays, et frise les 5% en Wallonie. L'an dernier, les ménages wallons ont dépensé en moyenne 235 euros en aliments bio, mais les consommateurs réguliers ont lâché 947 euros.

L'essor ininterrompu du bio n'a pas échappé aux grandes enseignes de la distribution, qui ne lésinent pas sur les investissements dans ce créneau juteux. Après Colruyt et ses Bio Planet, Carrefour a ouvert l'an dernier ses premiers supermarchés 100% bio. La part des supermarchés classiques (Bio Planet non compris) dans le commerce d'aliments bio, en recul depuis quelques années, a repris 3% l'an dernier. De quoi entraîner un surcroît de pression sur les prix?

"Les prix payés aux producteurs bio restent corrects du fait de la demande, qui est élevée."
Ariane Beaudelot
Chargée de mission à BioWallonie

A priori non. "La grande distribution est certes un gros client, mais il y a d'autres canaux importants comme les magasins spécialisés. Et les prix payés aux producteurs restent corrects du fait de la demande, qui est élevée", explique Ariane Beaudelot, chargée de mission à BioWallonie.

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