Le boulanger espagnol Granier pose un pied en Belgique

Sadik Ouriaghli , le master franchisé belge de Granier, a décidé d'implanter son premier point de vente au coin de la "rue des pitas", tout près de la Grand-Place. ©saskia vanderstichele

Encore inconnue en Belgique, la chaîne de boulangerie espagnole Granier est en train de s'implanter en Belgique. Une première boutique ouvre à Bruxelles.

Rue marché aux fromages, numéro un. Au coin de cette rue connue de tous les Bruxellois comme la "rue des pitas", des ouvriers et des nettoyeurs s'activent. Le temps presse. Il ne leur reste que quelques heures pour débarasser le plancher et laisser la place nette pour la première boulangerie/salon de dégustation Granier qui ouvrira ses portes mercredi matin.

Granier, ce nom ne vous dit sans doute rien, mais il s'agit d'une chaîne de boulangeries très présente en Espagne depuis dix ans. Apparue en 2009, la chaîne compte aujourd'hui 355 points de vente en Espagne et joue des coudes sur un marché habituellement couvert par Paul ou le Pain Quotidien. Parallèlement à son développement en Espagne, Granier a entamé la conquête du monde en déployant des franchises, notamment aux États-Unis, au Mexique, au Portugal ou en Italie. En 2019, le chiffre d'affaires de Granier pesait 180 millions d'euros.

Nouveau terrain de jeu

Désormais, c'est la Belgique qui sera le nouveau terrain de jeu. Et Sadik Ouriaghli, le master franchisé belge n'est pas peu fier de son nouveau joujou. "On veut faire des petits Granier. Cette année, nous devrions ouvrir trois magasins", nous a-t-il expliqué, précisant que l'objectif à cinq ans était d'ouvrir 50 Granier en Belgique. Pour y parvenir, il devrait recourir à la franchise.

"On veut faire des petits Granier. Cette année, nous devrions ouvrir trois magasins"
Sadik Ouriaghli
Master franchisé belge de Granier

A l'intérieur, on l'a dit, l'heure est aux dernières retouches et aux finitions. Devant la machine à café, un formateur espagnol donne ses dernières consignes à l'équipe qui, dès mercredi, sera aux commandes de la boutique. La crise du Coronavirus, on s'en doute, n'a pas aidé la mise en place, il a été compliqué d'acheminer le matériel et l'équipe de formateurs n'a pu arriver à Bruxelles que lundi. Mais tout cela n'a pas l'air d'inquiéter Sadik Ouriaghli qui semble en avoir vu d'autres.

©saskia vanderstichele

Plutôt discret, Sadik Ouriaghli, arrivé du Maroc à l'âge de 18 ans, a commencé comme nettoyeur, avant de gravir les échelons et monter Activa, sa propre société de nettoyage. Aujourd'hui, il est à la tête d'une entreprise de 1.200 personnes. Et comme si cela ne suffisait pas, il a ouvert trois magasins Carrefour au centre-ville. Il y a trois ans, il a ouvert un hôtel à Asilah, au Maroc. Pour compléter le tableau, il est occupé à développer un hôtel de 70 chambres dans l'ancien bâtiment Martini situé près de Tour et Taxis.

Entre Paul et le Pain Quotidien

En Belgique, Granier devrait se situer quelque part entre les boulangeries Paul et le Pain Quotidien, mais "chacun avec sa personnalité", insiste notre interlocuteur. Et quand on lui demande s'il n'a pas peur au regard de la réduction de voilure adoptée par le Pain Quotidien, Sadik Ouriaghli sourcille à peine. Se fendant d'un large sourire, il assure qu'il n'a peur de rien. "Celui qui n'ose rien n'aura rien." Parole de sage.

En Espagne, Granier propose près de 60 pains différents. Ce ne sera pas le cas tout de suite en Belgique, mais les recettes traditionnelles viennent en droite ligne d'Espagne et tous les pains fermenteront pendant plus de douze heures, assure le maître des lieux. Il sera possible de consommer des sandwiches et des salades sur place, dans deux salles capables de recevoir une trentaine de consommateurs. Quant à savoir s'il ne craint pas d'ouvrir alors que le coronavirus n'a pas encore disparu et que les habitudes de consommation ont changé, le discours ne change pas. "Je n'ai peur de rien. Que je gagne ou que je perde, cela ne change rien", souffle-t-il dans un éclat de rire. Avant de commander un café au bar. Le premier d'une longue série, espère-t-il.

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