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Le Brussels Beer Project incarne le brasseur le plus créatif du marché

Olivier de Brauwere, cofondateur du Brussels Beer Project, met la main à la pâte avant de s'attaquer, ce week-end, à l'examen des propositions des architectes. ©Tim Dirven

Le micro-brasseur collaboratif est en passe de réussir tous ses paris: il incarne la créativité, ses bières sont appréciées des connaisseurs, il ouvre de nouveaux bars à bière… et last but not least, il va investir 5 millions dans la construction d'une brasserie de 25.000 hectolitres au cœur de Bruxelles.

En cinq ans à peine, le Brussels Beer Project a réussi à imprimer sa marque sur l’écosystème bruxellois. Bien plus, il s’est taillé une place de choix dans le secteur brassicole belge, où, même s’il reste un nain en termes de volumes de production, il fait désormais figure de centre de créativité et de mine à idées. C’est que ses fondateurs, Olivier de Brauwere et Sébastien Morvan, ont transformé leur essai de 2013 en une "success story".

BIG BOSS

Olivier de Brauwere est l'invité de "BIG BOSS" sur BX1, ce lundi à partir de 18h.

Leur plan de départ, en mai 2013, était d’instiller le principe de la participation créative dans le milieu des brasseries artisanales, en invitant le public à élire les bières qu’il produirait à plus grande échelle. Principe qu’ils avaient étendu au financement de leur nouvelle entreprise, en lançant un programme de "reward crowdfunding" qui récompenserait les donateurs en leur donnant droit, à vie, à douze bières par an. Ils avaient également pour ambition, dès leurs débuts, de concourir à réinstaller des brasseries dans le périmètre de la Ville de Bruxelles, afin de contribuer à revitaliser une de ses industries historiques. À l’époque, on avait poliment salué leur initiative, tout en émettant des doutes sur leur volonté affichée de se muer un jour en véritables brasseurs.

Ils avaient entamé leur parcours en faisant brasser à façon leurs breuvages chez un tiers, la brasserie Anders en l’occurrence, afin d’éviter de devoir financer d’emblée de coûteuses installations de production. Deux ans plus tard, ils ont commencé à démentir les sceptiques en achetant des cuves et en ouvrant une microbrasserie rue Antoine Dansaert, à deux pas du canal. Dès ce moment, ils ont produit eux-mêmes une partie de leurs bières, tout en continuant à recourir aux services d’Anders pour les plus gros volumes.

"Si tout se déroule selon nos plans, on recevra le permis pour la nouvelle brasserie à l’été prochain, puis on commencera la construction. Cela permettrait d’entrer en production d’ici la fin 2020."
Olivier de Brauwere
cofondateur, Brussels Beer Project

Aujourd’hui, ils bouclent la boucle en dévoilant leurs plans: ils vont construire une nouvelle brasserie quai de Biestebroeck, le long du canal à Anderlecht, qui reprendra d’ici 2020 toute la production actuellement en charge chez Anders. Dès ce moment, la petite PME collaborative incarnera une brasserie complète, digne de succéder à ses glorieux prédécesseurs sur le sol de la capitale comme Caulier, L’Étoile, Atlas, Brasserie du Marly ou Wielemans Ceuppens

"Nous brassons aujourd’hui quelque 2.000 hectolitres (hl) par an dans notre microbrasserie de la rue Dansaert et 8.000 hl chez Anders, explique Olivier de Brauwere. Une fois la nouvelle brasserie en opération, on y reprendra toute la charge d’Anders. On y fera aussi la mise en fûts et la mise en cannettes. Seul l’embouteillage sera encore réalisé ailleurs, car une telle installation coûte cher et prend beaucoup de place."

Le Brussels Beer Project conservera son unité de la rue Dansaert, où il continuera à brasser ses nouvelles bières et à mener des expérimentations. La brasserie du quartier voisinant le pont de Cureghem absorbera le reste. Sa capacité initiale s’élèvera à 25.000 hl par an, étant entendu qu’elle pourra être portée à 50.000 hl. Elle occupera une zone de 1.000 m2 au sol, et disposera d’une deuxième aire de 1.000 m2 non constructible, peut-être pour y organiser des événements. Elle a conclu un bail domanial avec le propriétaire des lieux, le Port de Bruxelles, pour les exploiter durant 40 ans.

Une dose de "crowd"

"On a lancé un concours d’architectes, souligne de Brauwere. On a reçu 52 propositions, on en a sélectionné quatre. On les examinera lundi et on fera notre choix d’ici trois semaines. On a retenu trois candidats fournisseurs pour l’équipement, à départager d’ici le printemps. Si tout se déroule selon nos plans, on recevra le permis à l’été prochain, puis on commencera la construction. Cela permettrait d’entrer en production d’ici la fin 2020. On contribuera, ce faisant, à la revitalisation de tout un quartier autour du bassin entre Anderlecht et Bruxelles-Ville. Car plusieurs chouettes projets devraient y voir le jour."

Pour la jeune entreprise, il s’agit d’un sacré "challenge". Il en ira en effet d’un investissement de cinq millions d’euros. "Il sera financé par un ‘mix’ de subsides en provenance de la Région bruxelloise, de dette bancaire et d’equity", précise le manager. La partie "actions" prendra elle-même différentes formes: une partie du bénéfice de la société pourra y être affectée, des employés pourraient souscrire eux-mêmes des actions, un programme de crowdfunding en actions sera vraisemblablement lancé aussi, et enfin, si cela s’avère nécessaire, le tour de table sera ouvert à des investisseurs extérieurs. Trois "business angels" sont déjà entrés au capital: Guillaume de Posch (ancien patron de RTL), Roland Vaxelaire (ex dirigeant de Carrefour) et Yves Meeus (Huizinvest).

©Tim Dirven


L’occasion d’indiquer qu’aujourd’hui, la PME emploie une vingtaine de personnes, sans compter celles qui travaillent à l’étranger dans les deux établissements ouverts au nom du Brussels Beer Project à Tokyo, au Japon, et à Paris.

Destination Amsterdam

On touche là à deux des nombreux axes de développement de la société: les ventes à l’exportation et l’ouverture de bars à bière spécifiques dans quelques grandes villes du globe. Ses trois premiers marchés à l’étranger sont, dans l’ordre, la France, les Pays-Bas et le Japon. Suivent l’Italie et… Malte, devant les Etats-Unis, l’Allemagne et Singapour.

Après avoir étrenné un premier bar proposant ses bières dans le quartier de Shinjuku à Tokyo, avec un partenaire local, en mai 2017, la PME a récidivé en mai dernier dans le quartier de Pigalle à Paris. "Paris marche très fort, les Parisiens apprécient les bières belges, commente Olivier de Brauwere. À Tokyo, nos ventes sont stables; c’est un peu plus difficile. Le personnel là-bas parle rarement anglais, alors qu’il faut beaucoup communiquer sur nos produits."

N’empêche que la formule plaît aux dirigeants du Project, puisqu’ils envisagent à présent d’ouvrir deux bars à bières supplémentaires: un deuxième à Paris, et un premier à Amsterdam, aux Pays-Bas. Deux chantiers prévus pour aboutir dans le courant de l’an prochain.

Silence, on crée!

Au siège de l’entreprise, les idées fusent comme des balles. La boîte fonctionne comme un think tank au rythme échevelé. Trois exemples… Cette semaine, le Brussels Beer Project a présenté les nouveaux pains que deux boulangeries de la région, La Waterennoise et la Boule, cuisent en utilisant de la farine issue de la drêche de ses opérations de brassage (il s’agit des résidus de malt qui, à l’issue du process d’empâtage, vont traditionnellement nourrir le bétail ou sont transformés en compost). Une initiative en faveur de l’économie circulaire et contre le gaspillage alimentaire.

Dans la salle de garde de la micro-brasserie reposent une série de fûts en chêne, où fermentent des bières soumises au "parfum" de grands crus bourguignons: une expérience parmi de nombreuses autres. Un peu plus loin attendent des bouteilles de bière dont la recette inclut des pommes: une manière d’utiliser les fruits invendus dans les rayons d’un supermarché. Ici, la créativité n’est pas qu’un mot slogan…

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