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Le confinement a coûté 130 millions à l'industrie des boissons

La fermeture de l'horeca et le télétravail impactent surtout les gros producteurs d'eaux et de sodas comme Coca-Cola, PepsiCo ou Spadel (photo). ©Anthony Dehez

L'industrie des eaux et des sodas paie un lourd tribut à la crise sanitaire. Les producteurs belges ont écoulé 200 millions de litres de moins en 2020.

Comme d'autres, les producteurs d’eaux minérales et de boissons non alcoolisées paient un lourd tribut à la pandémie. Par rapport à 2019, les volumes de ventes sur le marché belge ont baissé de 11,84%: les Belges ont consommé environ 200 millions de litres d'eaux et de sodas de moins qu'en 2019.

"Pour l'industrie, cela représente une perte de revenus d'environ 130 millions d'euros pour l'année 2020", résume Bart Peeters, président de la FIEB, l’association des industries de l’eau et des boissons rafraîchissantes. En cause: la fermeture des cafés et restaurants, l'annulation des événements et la limitation de l'ensemble du marché out-of-home entraînée par le télétravail.

"Notre secteur est très dépendant de la consommation hors du domicile, et en particulier les gros producteurs."
Bart Peeters
Président de la la FIEB

Ces chiffres démontrent, selon la FIEB, que la perte du marché hors domicile "n’est pas du tout compensée" par l'accroissement des ventes dans les supermarchés. "Notre secteur est très dépendant de la consommation hors domicile, et en particulier les gros producteurs comme Coca-Cola ou Spadel", explique Bart Peeters.

Les entreprises du secteur sont parvenues à maintenir leur production, et donc à approvisionner les magasins, durant la crise du coronavirus. Mais la baisse des ventes exerce une forte pression sur l'emploi, souligne le président de la fédération sectorielle. "Durant les confinements du printemps et de l'automne, nous avons perdu environ 22% de nos recettes, mais sans la fermeture des frontières, elles auraient baissé de 30%."

Accises et frontières

En 2019, les ventes de boissons non-alcoolisées avaient déjà baissé de 3,56%. Une conséquence directe, selon les producteurs, du doublement des accises sur les boissons rafraîchissantes, qui a dopé les achats transfrontaliers, principalement vers la France. Preuve par l'absurde, selon la FIEB: le redémarrage des ventes de boissons rafraîchissantes en juin 2020, au moment de la fermeture des frontières, avant une rechute dès leur réouverture début juillet.

"En France, la charge fiscale sur une bouteille de 1,5 litre de Coca plafonne à 13 centimes, pour 34 centimes en Belgique."
Bart Peeters

"En France, la charge fiscale sur une bouteille de 1,5 litre de Coca plafonne à 13 centimes, pour 34 centimes en Belgique. Les boissons soft sont 30 à 40% plus chères en Belgique", dit Bart Peeters. La liste comparative brandie par la FIEB est assez parlante. Une bouteille de 1,5l de Schweppes Agrum Zéro, par exemple, coûte 1,58 euro dans un Auchan français et 2,25 euros chez Colruyt. Pour un litre de San Pellegrino, on passe de 0,57 euro outre-Quiévrain à 0,82 euro chez nous.

55
millions €
Les achats de boissons hors frontières ont entraîné une perte de recettes fiscales de 55 millions d'euros en 2018 et 2019.

La conséquence de ces achats hors frontières, c'est une perte de recettes fiscales de 55 millions d'euros en 2018 et 2019. Rien que pour les boissons non-alcoolisées.

Bart Peeters en appelle dès lors à des mesures de soutien. "La décision de réduire la TVA sur les boissons dans l'horeca à 6% jusqu’à septembre est un signal positif. Mais une modification structurelle de la fiscalité est nécessaire", dit-il.

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