"Le dividende final d'AB InBev est aussi menacé"

Le géant de la bière a surpris le marché avec des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. ©REUTERS

AB InBev a décidé de ne pas distribuer d'acompte sur dividende pour donner la priorité à son désendettement. Un analyste estime que le coupon final pourrait également passer à la trappe.

Évacuons d’emblée ce qui pourrait paraître comme une mauvaise nouvelle alors que les résultats du groupe ont agréablement surpris: AB InBev ne paiera pas de d’acompte sur dividende et il faudra attendre février de l’année prochaine pour être fixé sur le coupon annuel de 2020. Cette décision relève de la saine gestion, semble-t-il, alors que le brasseur continue de faire face à l’incertitude et à la volatilité induites par la pandémie, ainsi qu' à un endettement très conséquent.

"La performance résiliente du troisième trimestre montre que le profil d’investissement d'AB InBev reste intact."
Wim Hoste et Alan Vandenberghe
Analystes chez KBC Securities

Vu le ratio dette nette sur ebitda de 5 qu’il anticipe pour fin 2020, Reginald Watson d’ING ("conserver"; 54,92 euros) s’attendait à cette décision de passer le dividende intérimaire tandis que, rappelle-t-il, le consensus des analystes tablait sur un coupon de 40 centimes. "Nous pensons que le dividende final de 2020 (payé en 2021) est également menacé ce qui n’est pas non plus reflété dans le consensus." Voilà, c’est dit….

Prévisions vagues

Concernant les chiffres-clés du troisième trimestre, AB InBev a réussi le tour de force de gonfler ses volumes (+1,9%) et ses revenus (+4%) alors que le marché tablait sur une tendance négative. Une performance due notamment à ses trois marques mondiales (Budweiser, Stella Artois et Corona), qui ont enregistré une hausse de 6,8% de leurs revenus au niveau mondial, et à la solidité de plusieurs marchés clés. Au Brésil, par exemple, le groupe brassicole a enregistré une croissance du volume de ses bières de plus de 25%.

De son côté, l’ebitda affiche un repli limité à 0,8% (contre -9,3% attendu), la hausse du coût des ventes ayant contrebalancé la belle tenue des revenus

60
euros
Degroof Petercam est passé à l'achat sur AB InBev et a relevé son objectif de cours à 60 euros.

Pour le reste de l’année, AB InBev ne se mouille pas trop. Il prévoit une meilleure performance au deuxième semestre qu’au premier alors que certains gouvernements prolongent des mesures restrictives dans plusieurs pays.

Décote de 10 à 15%

La hausse récente des contaminations au Covid dans certaines parties du monde et les restrictions mises en place provoquent une certaine incertitude sur les  perspectives à court terme, soulignent les analystes de KBC Securities ("acheter"; 80 euros). "Mais la performance résiliente du troisième trimestre montre que le profil d’investissement reste intact."

De son côté, Fernand de Boer, de Degroof Petercam, relève que l’action se traite avec une décote de 10 à 15% par rapport à ses concurrentes. Au vu de l’amélioration du momentum des bénéfices, il juge cela exagéré. Il  a donc relevé sa recommandation à "acheter", contre "conserver" avant. Son objectif de cours est majoré de 10 euros, pour passer à 60 euros.

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