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Le fabricant de dragées Vanparys a dû se mettre à l'abri de ses créanciers

L’essentiel de la production des dragées commercialisées par le confiseur-chocolatier Van Parys est fait dans l’usine d’Evere. ©Dieter Telemans

Vanparys, fondé en 1889, vient d’introduire une requête en réorganisation judiciaire (PRJ). La société ne manque pas de travail, mais elle a eu du mal à digérer la hausse de production provoquée par le rachat d’un concurrent français. Des solutions structurelles sont envisagées pour redresser la barre.

Le confiseur et chocolatier Vanparys, établi à Bruxelles depuis bientôt 130 ans, vient de se tourner vers le tribunal de commerce de Bruxelles pour se mettre à l’abri de ses créanciers par le biais d’une requête en réorganisation judiciaire (PRJ). Finalement, Vanparys a peut-être eu les yeux plus grands que le ventre et a certainement joué de malchance.

Lorsqu’il a repris la société en 2012, Thibaut Van Hövell, le CEO de Vanparys, a dû sérieusement se retrousser les manches. "Lorsque je suis arrivé, il n’y avait pas grand-chose point de vue marketing. Il n’y avait pas de catalogue et pas de site internet. Sur les emballages, on ne voyait pas le produit et très peu la marque", nous a-t-il expliqué.

Victime de son succès?

Assez rapidement, Vanparys, qui peut être considéré comme le leader de la dragée en Belgique, est allé chercher des nouveaux marchés à l’étranger. "Nous exportions vers une vingtaine de pays, mais en n’y réalisant que 10% de notre chiffre d’affaires", a encore précisé le CEO qui a prospecté partout où il le pouvait, tout en rajeunissant la marque, en développant de nouveaux produits et en imaginant une nouvelle gamme d’emballages.

Dès 2016, Thibaut Van Hövell s’est lancé dans un tour de l’Europe afin de voir s’il pourrait reprendre un concurrent. À la fin de cette année-là, un accord a été trouvé concernant l’acquisition de Régence, le plus petit producteur de dragées de France qui, au moment de la reprise, réalisait un chiffre d’affaires de 1,6 million d’euros, en écoulant l’essentiel de sa marchandise auprès de la grande distribution, une corde qui manquait encore à l’arc de Vanparys présent surtout chez des grossistes et chez des indépendants. Finalement, ce rachat s’est concrétisé dans le courant de l’été 2107 avec, en ligne de mire, l’idée d’intégrer la production française à la belge et de fermer l’usine française. Ce qui fut fait.

Il y a trois ans, la production annuelle de Vanparys s’élevait à plus ou moins 500 tonnes, une masse à laquelle il a fallu ajouter 200 tonnes (nouveaux clients) et 300 tonnes (production de Régence), soit un doublement du volume de production en trois ans. Pour faire face à cet afflux, l’usine bruxelloise de Vanparys a commencé à tourner en deux équipes, mais au même moment, deux machines ont commencé à montrer des signes de faiblesse (production des intérieurs de chocolat et emballage).

Il a alors fallu trier manuellement la production et l’emballage a été sous-traité en France, ce qui a entraîné une hausse des coûts et des retards de livraison. Un ennui n’arrivant jamais seul, des clients, mécontents de ces retards, ont annulé leurs commandes entraînant de facto une sérieuse perte de chiffre d’affaires. Ce fut également le moment choisi par l’une des banques de Vanparys pour dénoncer une ligne de crédit.

Marché historique

Face à cela, Vanparys a décidé de resserrer les boulons et de donner la priorité à son marché historique sur lequel les marges de rentabilité sont meilleures. "Nous avons arrêté le travail en deux équipes qui devenait trop cher et j’ai demandé à l’ancienne directrice de production de revenir", a expliqué Thibaut Van Hövell qui l’assure, l’usine est beaucoup plus rentable avec une pause plutôt que deux. Il a également fait appel à un nouveau directeur financier et un supply chain manager venu d’un grand groupe pour l’aider à mieux organiser le travail en interne.

Ce passage par la case réorganisation judiciaire semblait donc obligé afin de remettre cette société sur les rails de la croissance. Près de 40 personnes travaillent chez Vanparys, le confiseur-chocolatier fondé en 1889 par la famille Vanparys, avant d’être cédé à la famille de Greef puis repris en 2012 par Thibaut Van Hövell.

Concernant l’avenir de la société, le CEO assure vouloir maintenir sa position dans son marché historique et faire évoluer les emballages de dragées pour les baptêmes. Dans un second temps, si tout se déroule comme prévu, Thibaut Van Hövell aimerait développer l’aspect confiserie, mais dans un premier temps, c’est surtout de continuité qu’il sera question.

"Nous avons du travail, il n’y a pas de souci de ce côté-là, mais nous avons accumulé une perte que nous n’arrivons pas à effacer. Fin 2019, nous aurons effacé la dette liée à la reprise de Régence et tout deviendra plus léger", assure Thibaut Van Hövell.

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