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Le grand strike d'AB InBev applaudi par le marché

AB InBev ne distribuera pas de dividende intérimaire. ©REUTERS

AB InBev a largement battu le consensus des analystes avec ses résultats trimestriels et s'est même offert le luxe d'améliorer légèrement ses prévisions. Le titre s'emballait ce jeudi matin en bourse.

Rappelons-le. La circonspection était de mise à la veille de la publication des résultats trimestriels d’AB InBev . De nombreux brokers avaient d’ailleurs revu à la baisse leur objectif de cours au fil de ces dernières semaines.

Et le consensus moyen des analystes financiers n’incitait pas à l’allégresse: des volumes stables, des revenus en hausse de 4,2%, un ebitda en recul de 2,3% et un bénéfice normalisé par action de 0,45 dollar.

Grand strike

Jeudi, le leader mondial de la bière a réalisé un grand strike en aplatissant d’un seul coup ces anticipations qui se sont révélées bien trop timorées et en relevant légèrement ses prévisions pour l’ensemble de l’année. Ainsi, les volumes ont finalement progressé de 3,4%, les revenus de 7,9% et l’ebitda de 3%, le bénéfice par action s’élevant à 0,79 dollar.

"Il s'agit de la première hausse des prévisions d'AB InBev depuis des années".
Edward Mundy
Analyste chez Jefferies

"AB InBev a fait état d'une solide performance au troisième trimestre, supérieure de quelques pour cent à nos attentes et à celles du consensus, tant en ce qui concerne le volume organique que le revenu et l'ebitda", résume Wim Hoste, de KBC Securities ("acheter"; 80 euros), l’un des plus fervents supporters du groupe brassicole parmi les analystes.

"Il s'agit de la première hausse des prévisions d'AB InBev depuis des années", constate, de son côté, Edward Mundy, de Jefferies ("acheter"; 73 euros)

Et donc, alors que le marché n’attendait pas d’étincelles, on a eu droit à un petit feu d’artifice: l’action, sous pression depuis ses résultats semestriels, a bondi de 8,4% ce matin, à 53,5 euros avant de clôturer en hausse de 10,33% à 54,46 euros.

Schizophrénie du dividende

Il ne manquait qu’une dernière fusée pour que le spectacle soit total: le dividende. Mais ici, pas de miracle. Étant donné l’endettement du groupe, il n’y aura pas de coupon intermédiaire.  AB InBev communiquera le 24 février sur son dividende relatif à 2021.

"Plus important encore, ces chiffres solides apportent davantage de confort pour 2022."
Fernand de Boer
Analyste chez Degroof Petercam

Cela fait dire à Reginald Watson, d’ING ("conserver"; 54,92 euros), que le traitement schizophrénique du paiement du dividende va laisser l’investisseur perplexe. "C'est la deuxième fois que le dividende est passé en deux ans et nous nous attendons à ce que les investisseurs soient déçus compte tenu de la décision de la société de reprendre le paiement d’un coupon pour le dividende final de 2020", souligne-t-il.

Pour Fernand de Boer, de Degroof Petercam ("acheter"; 68 euros), cette absence d’acompte sur dividende n’est pas une surprise. En se basant sur les résultats trimestriels dévoilés ce jeudi - avec toutes les régions du monde battant presque toutes les prévisions - il va, par ailleurs, relever son estimation d’ebitda pour l’année de 3%. "Plus important encore, ces chiffres solides apportent davantage de confort pour 2022."

Il anticipe une progression moyenne annuelle de 17% du bénéfice par action jusqu’en 2023.

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