Le Hard Rock Café n'a pas encore réussi son "come-back"

©BELGA

Le joli établissement établi au coin de la Grand-Place et de la rue des Chapeliers, a mangé ses capitaux propres deux ans après son retour en Belgique.

Le "come-back" de la chaîne de restauration branchée Hard Rock Café en Belgique se passerait-il moins bien qu’espéré? Les premiers exercices se sont avérés difficiles, puisque la perte reportée à l’issue de la deuxième année a déjà mangé les capitaux propres et que le groupe a dû dare-dare "remettre au pot".

Après un intermède de quatorze années, la chaîne américaine contrôlée par les Indiens séminoles de Floride est revenue en Belgique en 2011. Contrairement à sa première apparition dans les années 1990, elle n’a plus choisi Anvers, mais Bruxelles. Et rien moins qu’un coin de rue ouvert sur la Grand-Place: à peu près ce qui se fait de mieux comme localisation. Après création de la filiale à l’automne 2011, le restaurant destiné aux amateurs de rock a ouvert ses portes à la mi-2012. "Nous sommes ici pour très longtemps", avait déclaré à l’ouverture Calum McPherson, vice-président Europe de Hard Rock Café International, une des trois structures actionnaires de la filiale Hard Rock Café Belgium.

Réduit à quelques mois, le premier exercice avait été bouclé sur un chiffre d’affaires de 2,7 millions d’euros et une perte nette de 1,3 million. Rien d’alarmant pour un début. L’année suivante, le chiffre d’affaires a doublé à 5,5 millions et la perte nette s’est réduite à 352.000 euros. C’était toutefois "suffisant" pour annihiler les fonds propres, puisque l’entreprise avait été constituée avec un capital social de 1,2 million d’euros. Suite à la prise en compte de la perte reportée, les capitaux propres sont devenus négatifs à hauteur de 453.000 euros.

Forte concurrence

Une situation qui a déclenché l’application de la procédure prévue à l’article 633 du Code des sociétés. Le conseil d’administration a rédigé un rapport spécial dans lequel il a proposé la poursuite des activités. Les actionnaires ont voté la continuité. Et surtout, ils viennent d’augmenter le capital de la filiale belge. Le 5 février dernier, ils y ont injecté un million d’euros. De quoi apurer la perte reportée qui s’élevait à 1,7 million; le solde de 567.000 euros forme désormais le nouveau capital social de l’entreprise.

Il était temps qu’ils le fassent, soit dit en passant, puisque jusqu’alors la filiale tombait aussi sous le coup de l’article 634 du Code: avec un actif net réduit à moins de 62.000 euros, la société anonyme restait très vulnérable, puisque toute personne intéressée pouvait demander sa dissolution au tribunal de commerce.

Le groupe américain a-t-il visé trop juste à la création de la filiale en 2011? Ou cette dernière n’a-t-elle pas réussi à devenir profitable aussi rapidement qu’attendu? Un peu des deux, sans doute. Au siège belge de la chaîne, personne n’était habilité à répondre à nos questions. Contacté aussi, le siège américain n’a pas réagi tout de suite. On trouve toutefois un élément de réponse dans le rapport annuel 2013: la direction de Hard Rock Café Belgium y souligne que le chiffre d’affaires a souffert de la concurrence des nouveaux établissements horeca autour de la Grand-Place. Elle dit aussi tabler sur "une légère reprise" en 2014, année pour laquelle les comptes n’ont pas encore été publiés.

Parmi les nouveaux endroits branchés du lieu figurait le "Good Kompany", le bar lancé par le footballeur Vincent Kompany (Manchester City, Diables rouges). Entre-temps, celui-ci a fermé définitivement ses portes, faute d’avoir attiré une affluence suffisante. Un signe que cette localisation n’est pas aussi florissante qu’il y paraît. Pour le Hard Rock Café, tous les espoirs restent permis, certes, d’autant plus que la maison mère Seminole Hard Rock International lui a adressé une lettre de support. Mais rien n’est gagné. Et le spectre de l’échec anversois (le café y avait fermé ses portes en 1997) continue de hanter les rêves des fans belges de hamburgers rocks et de guitares légendaires.

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