Le label européen du blanc bleu belge en péril

Bovins de race "blanc bleu belge". ©Photo News

La viande emblématique wallonne mérite-t-elle une indication géographique protégée? La Commission n’est pas convaincue, et pose des questions fondamentales, notamment liées au bien-être animal.

On n’est pas encore près de voir le macaron bleu estampiller les étals de bœuf blanc bleu belge. Les éleveurs ont initié la demande pour que la principale race viandeuse élevée en Wallonie soit reconnue par une indication géographique protégée européenne (IGP) dès 2012, et la Belgique espérait obtenir un avis positif de la Commission européenne en début d’année. Au lieu de ça, l’exécutif européen a fait parvenir en juin à l’administration wallonne qui gère le dossier une série d’observations, apprend-on.

"La Commission nous a envoyé des remarques sur le dossier qui portaient sur des points assez fondamentaux et qui ont nécessité une nouvelle concertation avec le secteur", indique Damien Winandy, directeur de la qualité et du bien-être animal à l’administration wallonne (SPW), qui pilote le dossier pour les trois régions.

"[La commission européenne] nous interroge notamment sur le recours à la césarienne."
Damien Wandy
Directeur au SPW

Les questions de la Commission portent d’abord sur le lien entre les pratiques du blanc bleu belge et le bien-être animal "elle nous interroge notamment sur le recours à la césarienne", indique M. Winandy. Cette race viandeuse mise au point en Belgique ne peut vêler par voies naturelles. On comprend que l’hésitation de la Commission porte sur le principe même d’avoir créé une race qui engendre des problèmes de procréation en contradiction avec le bien-être des animaux.

Le lien au territoire belge

La Commission s’interroge aussi sur le lien spécifique entre la race et le terroir. L’IGP souligne le lien entre le nom d’un produit et une région géographique spécifique, et interdit dès lors la production du produit concerné dans un autre territoire. Dans le cas du blanc bleu, "le raisonnement ne semble pas satisfaire la Commission – ils demandent des renseignements complémentaires", poursuit le directeur au SPW.

La balle est dans le camp belge, qui n’a pas encore répondu à la Commission malgré le délai de deux mois qui lui était donné. Après un échange avec le secteur, l’administration "finalise une réponse pour apporter les arguments nécessaires" en faveur de l’IGP, indique-t-elle. Si la Commission accepte les nouveaux arguments, si elle valide l’IGP, le dossier sera publié pour permettre pendant trois mois à n’importe quels citoyen, entreprise ou groupe d’intérêt hors de Belgique de s’opposer à ce que le blanc bleu belge soit estampillé du macaron bleu. 

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