Le plan de licenciement collectif de l'ex-Godiva annulé par la direction

Une demande urgente de production de 200 tonnes de chocolat faite par Godiva Belgique a permis de sauver l'emploi de la Manufacture belge de chocolats, au moins jusqu'en 2023. ©AFP

La direction de la Manufacture belge de chocolats (ex-Godiva) a annulé un plan de licenciement de 35 personnes. L'emploi est garanti jusqu'en 2023.

Noël bien avant l'heure, serait-on tenté d'écrire. Le plan de licenciement collectif portant sur 35 travailleurs de la Manufacture belge de chocolats (ex-Godiva) vient d'être annulé par la direction de l'entreprise. A priori, cette décision est le résultat d'une négociation menée entre la direction de la société et le front commun syndical, comme nous l'a expliqué Daniel Vandermeeren, secrétaire permanent FGTB Horval.

35
emplois
Le plan de licenciement collectif prévoyait de se défaire de 35 travailleurs.

C'est dans le courant du mois de janvier que ce licenciement de 35 personnes (30 ouvriers et 5 employés) avait été annoncé par la direction aux travailleurs de la Manufacture belge de chocolats (MBC). Pour justifier cette décision, la direction avait avancé une baisse sensible de la production en 2020, à cause de la crise sanitaire, frappant notamment de plein fouet les boutiques des aéroports, un marché très important pour les chocolats Godiva.

Suspendre le plan de licenciement

La procédure de la loi Renault avait été lancée dans la foulée de cette annonce, poussant direction et syndicats à s'asseoir ensemble à la table des négociations. Au total, il y aura eu 11 conseils d'entreprise portant sur ce plan de licenciement. Le 20 avril, lors d'un conseil d'entreprise, la direction de l'entreprise a demandé à la délégation syndicale de faire une pause dans la procédure Renault, nous a expliqué Daniel Vandermeeren. L'idée de la direction était de suspendre les licenciements durant une période de trois mois afin de répondre à la nouvelle demande de production urgente de 200 tonnes faite par Godiva Belgique dont la production est assurée en partie par la Manufacture belge de chocolats.

La direction de la Manufacture belge de chocolats voulait suspendre les licenciement pour faire face à une nouvelle grosse commande.

Pour répondre à cette demande de production urgente, la direction de MBC a voulu mettre en place une équipe de nuit et engager des travailleurs intérimaires. "Lors d'un conseil d'entreprise qui s'est tenu le 28 avril, nous nous sommes assis face à la direction avec différentes revendications", explique encore le syndicaliste, précisant que le front commun syndical avait clairement refusé le plan de suspension envisagé par la direction. C'est à ce moment, faute d'accord et ayant besoin de l'autorisation des syndicats pour mettre sur pied une nouvelle équipe de nuit et engager des travailleurs intérimaires, que la direction a annoncé son intention de supprimer le plan de licenciement.

Garantie d'emploi jusqu'en 2023

Une bonne nouvelle n'arrivant pas seule, le front commun syndical et la direction de MCB ont signé une nouvelle convention collective de travail qui garantit le maintien de l'emploi du site bruxellois de MCB jusqu'en 2023. Aujourd'hui, les syndicats espèrent que cette nouvelle commande de 200 tonnes à produire d'ici le mois de juillet permettra de relancer le site pour de bon.

"Nous espérons que ça va aller et que la reprise après le Covid sera bonne. Si c'est le cas, l'entreprise aura peut-être même la possibilité d'engager."
Daniel Vandermeeren
Secrétaire permanent FGTB Horval

Sur ce point, Daniel Vandermeeren se montre raisonnablement prudent. Parallèlement à ce qui précède, MCB est en train de travailler au développement d'un nouveau produit pour récupérer du volume et la reprise attendue des activités post-Covid devrait permettre de pérenniser l'accord qui vient d'être signé. "Nous espérons que ça va aller et que la reprise après le Covid sera bonne. Si c'est le cas, l'entreprise aura peut-être même la possibilité d'engager", avance prudemment le secrétaire permanent de la FGTB.

Rachats et reventes

Depuis quelques années, l'histoire de Godiva est faite de rachats et de reventes. En 2008, l'Américain Campbell a vendu le fabricant de chocolats au groupe turc Yildiz Holding. En février 2019, ce dernier a cédé Godiva au fonds de private equity sud-coréen MBK Partners. En réalité, cette transaction portait sur les opérations de distribution de Godiva au Japon, en Corée du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Dans le même temps, MBK a acquis des licences perpétuelles pour développer le business dans ces quatre marchés, tandis que Godiva Chocolatier (Yildiz) conservait la propriété de la marque et une bonne partie de la production.

Dans cet ensemble, l'usine bruxelloise de la Manufacture belge de chocolats fait partie de Godiva Japon, ce dernier étant détenu par le fonds sud-coréen. L'usine bruxelloise, qui emploie 200 personnes, produit du chocolat pour le Japon, l'Australie, les États-Unis, l'Asie, la Chine et pour des aéroports situés en Europe. Cette nouvelle commande de 200 tonnes concerne du chocolat qui sera en vendu en Europe, sous la marque Godiva. Il s'agit essentiellement du marché des aéroports.

Le résumé

  • En janvier 2021, plombée par la crise du Covid-19, la Manufacture belge de chocolats (ex-Godiva) a annoncé le licenciement de 35 personnes.
  • Les syndicats et la direction ont entamé la procédure de la loi Renault et tenu onze conseils d'entreprise.
  • À la fin du mois d'avril, devant faire face à une grosse commande, la direction annonce la suspension puis l'annulation de ce plan de licenciements collectifs.

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