Le roi wallon de la viande s'offre la Flandre

©AFP

La bastognarde Veviba va racheter l’abattoir flamand Adriaens. Cette acquisition renforce sa domination sur le marché belge de la viande bovine et va lui permettre de créer de nouveaux emplois.

Le groupe Veviba, ancré à Bastogne (465 salariés) et déjà n°1 en Belgique dans l’abattage et la transformation de viande bovine, va prochainement prendre le contrôle de l’abattoir Adriaens à Velzeke, en Flandre-Orientale. "Tout est réglé sur le plan financier avec les vendeurs et nous n’attendons plus, pour le milieu du mois de janvier, que le feu vert du Conseil de la concurrence pour parapher les documents définitifs", se réjouit Diederik Verbist, aux commandes de Veviba.

Depuis Bastogne, Veviba se refuse à confirmer le moindre chiffre. À différentes sources proches des vendeurs (Covavee et Agri Investment Fund, deux structures liées au Boerenbond) un montant quelque peu inférieur à 19 millions d’euros est par contre évoqué.

Seule information confirmée sur le montage et dont se réjouit Veviba: la Région wallonne, via son bras financier Sogepa, soutiendra, via un prêt, cette opération de consolidation qui passe par la Flandre. Un soutien financier public, explique-t-on à Bastogne, qui se justifie pleinement, compte tenu notamment des retombées socio-économique en Wallonie.

Cent nouveaux emplois à Bastogne

"Nous allons pouvoir créer, à Bastogne, une centaine d'emplois nouveaux."
Diederik Verbist
CEO de Veviba

"Grâce à l’intégration d’Adriaens dans notre groupe, nous allons pouvoir créer à Bastogne, sur ces cinq prochaines années, une centaine d’emplois nouveaux dans la transformation de carcasses en provenance de Velzeke", souligne Diederik Verbist. Outil présenté comme le mieux équipé en Belgique pour le secteur bovin, Adriaens abat quelque 68.500 têtes par an "dont près de la moitié de vaches Holstein dont la viande sera traitée à l’avenir sur le site de Bastogne" poursuit le CEO de Veviba.

Avec ses abattoirs et ateliers de découpe d’Izegem (implantation historique), de Bastogne, de Rochefort (reprise de la société Lanciers en 2014) et bientôt de Velzeke, le groupe bastognard consolidera un chiffre d’affaires annuel de quelque 280 millions euros pour 144.000 bovins abattus et 550 emplois.

Aujourd’hui, Veviba découpe et prépare, jusqu’à la barquette étiquetée sur son site de Bastogne, près de 42.000 tonnes de viande par an dont 95% de ce volume est destiné aux principales enseignes de la grande distribution. L’entreprise détient des accords avec plus de 800 éleveurs partenaires.

Viser l’exportation

"Avec l’acquisition d’Adriaens, nous acquérons une masse critique, tout en restant un modeste joueur à l’échelle de l’Europe, pour aller chercher, avec notre Blanc Bleu Belge, d’indispensables parts de marché à l’étranger, à la grande exportation puisque la consommation de viande bovine ne fait que se réduire sur le marché intérieur", note Bernard Caprasse, ex-gouverneur du Luxembourg reconverti aujourd’hui en conseiller de Veviba.

Exportation mais aussi nouveaux produits que Veviba, grâce à son nouveau positionnement européen, développe dans ses laboratoires avec des viandes dites "différenciées" (ajout d’un pourcentage de légumes etc.) ou encore des viandes "santé" avec injection de compléments alimentaires type Omega 3.

Mouvement | À chimay, ce sont les flamands qui rachètent

Au bord de la faillite depuis de nombreuses années, l’abattoir intercommunal de Chimay, qui associe les communes de Momignies et Couvin, vient d’être repris par Q-Group, holding alimentaire du secteur de la viande basé à Lokeren.

Une belle opportunité pour Guy Debruycker, le CEO de cette entreprise, puisque Q-Group contrôle également, sur le même zoning de Baileux, l’ex-atelier de découpe Chimay Salaison (charcuterie) redéployé, avec une douzaine de personnes occupées, sous le nom des Salaisons du Hainaut. L’objectif, selon le nouveau propriétaire, est d’arriver au point d’équilibre avec 25 bovins abattus par semaine.

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