Le speculoos, un trésor à protéger de la mondialisation

Le secrétaire d'Etat en charge du patrimoine, Pascal Smet (sp.a) a dévoilé la "promotion" du speculoos dans l'atelier de la pâtisserie Goossens. ©Photo News

Lotus a récemment défrayé la chronique en renonçant au mot "speculoos". Bruxelles et ses artisans répliquent en organisant la reconnaissance du célèbre biscuit.

Voici un mois, le groupe Lotus Bakeries avait désagréablement surpris les amateurs belges de gastronomie et de pâtisserie en annonçant qu'il allait abandonner, dès l'an prochain, le nom "speculoos" pour adopter partout et en tout lieu le terme de "biscoff". Justification? Il s'agirait de bâtir une marque mondiale, à l'américaine, et tant pis pour les sonorités originales (et euphoniques) du mot d'origine flamande. Ce cynique abandon, car à motivations bassement mercantiles, vient d'avoir une première conséquence... réjouissante pour les tenants du mot originel et du produit: la Région bruxelloise a décidé d'inscrire le speculoos dans son inventaire du patrimoine culturel immatériel, aux côtés des fritkots, de l'Ommegang et de la saint-V... Pascal Smet, le secrétaire d'Etat bruxellois en charge du Patrimoine (sp.a), l'a fait savoir ce vendredi en visitant l'atelier d'une des soixante boulangeries et pâtisseries artisanales de la Région qui concoctent le fameux biscuit à la cannelle.

"Cela va clarifier les choses pour le consommateur", qui identifiera plus aisément les speculoos artisanaux.
Alexandre Helson
Co-dirigeant, Maison Dandoy

Instaurée sous l'égide de l'Unesco, l'appellation "patrimoine culturel immatériel" est une forme de reconnaissance de l'authenticité et de la valeur d'une tradition ou d'un savoir-faire typique d'une communauté. On l'attribue au niveau national ou au niveau international - dans ce dernier cas, il y a toute une procédure à suivre avant de parvenir au Graal. En Belgique, le pouvoir régional est compétent pour dresser sa propre liste de pareils patrimoines, d'où la décision bruxelloise. C'est plus un coup de pub et un coup de pouce aux artisans qu'une véritable protection.

"Le speculoos, c’est notre patrimoine. On n’y touche pas."
Pascal Smet (sp.a)
Secrétaire d'Etat bruxellois en charge du Patrimoine

"Le speculoos, c’est notre patrimoine. On n’y touche pas. Merci à la Maison Dandoy et aux artisans de défendre avec passion et vigueur l’histoire et le savoir-faire du speculoos", a déclaré Pascal Smet. Au siège de la plus ancienne biscuiterie de Bruxelles, Alexandre Helson, co-dirigeant, estime que "cela va clarifier les choses pour le consommateur", qui identifiera plus aisément les speculoos artisanaux.

Sans confirmer qu'il s'agit d'une réponse à Lotus Bakeries, le patron de Dandoy relève qu'il a été approché dans ce cadre après l'annonce du groupe coté. La démarche semble donc bien avoir été initiée après l'avènement du "biscoff". Marque mondiale contre patrimoine régional: qui va gagner à long terme? Nous, on vote pour le second...

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