Le temps des vaches maigres pour l'industrie alimentaire

©Patrick Hattori

La conjoncture frappe plus particulièrement les sous-secteurs de la viande et du sucre.

Ventes en recul, investissements revus à la baisse, difficulté à attirer les talents: pour l’industrie alimentaire belge, le temps des vaches grasses semble (momentanément) révolu.

Jan Vander Stichele, le président de la fédération sectorielle (Fevia), pose un diagnostic sans fard. "Le marché intérieur reste difficile. Le commerce transfrontalier, stimulé par une 'lasagne' de taxes, pèse sur le secteur. Et si, depuis 2014, le tax shift a permis de ramener le handicap salarial de 24% à 16%, les coûts salariaux et de l’énergie restent plus élevés que chez nos voisins", souligne-t-il.

La croissance des exportations ne compense plus le recul du marché intérieur.

Pour la première fois depuis 2010, le secteur alimentaire voit ses revenus refluer (-0,8% à 51,8 milliards d’euros). Car cette fois, la croissance de l’export (+0,6%), préservée grâce à la forte progression des ventes sur les marchés lointains, ne compense plus le recul sensible du marché intérieur (-5,3%). Les premiers chiffres de 2019 marquent un léger redémarrage sur les marchés d’exportation. Mais le marché intérieur continue de décroître, même si c’est de façon moins spectaculaire.

La conjoncture frappe plus particulièrement les sous-secteurs de la viande et du sucre. "Il y a une tendance générale à une réduction de la consommation de sucre dans les pays riches, explique Guy Paternoster, président de Fevia Wallonie. Conjuguée à une surproduction mondiale, cette évolution a provoqué un effondrement des prix il y a un an et demi. S’ajoute à cela la suppression des quotas européens. Tous les fabricants se sont retrouvés dans le rouge, et beaucoup d’entre eux devraient le rester cette année." La baisse de la consommation de sucre est le reflet d’une évolution positive.

Depuis 2012, le nombre de kilocalories achetées dans les magasins belges a baissé de 4%. L’objectif de la Fevia, une réduction de 5% de l’apport énergétique en 2020, est en vue.

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