Le transfert sous autorité de justice ou la faillite pour Qualibeef (ex-Veviba)

©Patrick Hattori

Les choses se précipitent pour les abattoirs bastognards: deux citations ont été faites vendredi au tribunal, une en PRJ par transfert, l’autre en faillite. La première sera d’abord examinée.

La survie de Qualibeef (ex-Veviba) et de sa filiale Abattoir et Marché de Bastogne va se jouer ces jours prochains. Les deux sociétés d’abattage du groupe Verbist ne sont plus couvertes par la procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) depuis le 15 mai dernier, alors que leur situation reste problématique, non seulement parce qu’elles n’ont pas récupéré leur clientèle du secteur de la distribution, mais aussi parce que plusieurs de leurs congélateurs sont toujours sous scellés depuis le scandale des viandes avariées au Kosovo découvert au printemps 2018.

Le tribunal a mis la citation en PRJ en délibéré à huit jours et a décrété la remise pour la citation en faillite.

Mais il y a eu du neuf vendredi au tribunal de l’entreprise de Liège, division Neufchâteau: on y a enregistré deux citations, avons-nous appris à bonnes sources.

La première émanait des administrateurs et du personnel de Qualibeef, qui ont demandé que le tribunal accorde une nouvelle PRJ à l’entreprise, cette fois pour transfert d’actifs sous autorité de justice. La deuxième émanait du parquet, qui a requis, lui, la faillite. La première citation a été mise en délibéré pour une semaine, la deuxième a dès lors fait l’objet d’une remise.

La PRJ ou la faillite 

En clair, cela signifie que soit le tribunal avalisera effectivement la PRJ par transfert, soit il rejettera cette requête, auquel cas il examinera ensuite la citation en faillite.

Si l’on se dirige vers la première solution et que le tribunal désigne un mandataire de justice pour organiser le transfert, les administrateurs et le personnel de Qualibeef (et de sa filiale) se porteront vraisemblablement candidats à la reprise. Pour autant, toutefois, qu’ils trouvent les moyens de leur ambition, ce qui n’est pas encore gagné. La direction mise en place après le scandale alimentaire n’a pas caché, récemment, qu’elle envisageait ce scénario. Sinon, il faudra identifier un ou d’autres candidat(s) repreneur(s).

En théorie, une "autocession" reste aussi possible, c’est-à-dire la prise en compte d’une candidature déposée par une entreprise appartenant aux actionnaires historiques (la famille Verbist). Une telle solution risquerait toutefois de ne pas dégager l’avenir des abattoirs.

Saisie judiciaire

Sur le terrain, Veviba a enregistré une nouvelle positive ces derniers jours. Alors que ses congélateurs faisaient jusqu’ici l’objet d’une saisie administrative décrétée par l’Agence de sécurité alimentaire (Afsca), la mesure a été transformée le 29 mai dernier en saisie judiciaire, sous supervision d’un juge d’instruction. Celui-ci va procéder à l’inventaire des contenus des frigos (quelque 700 tonnes de viande s’y trouvent!), après quoi ceux-ci pourraient être enfin libérés. Ce qui permettrait aux abattoirs de fonctionner plus aisément.

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