Les plats à emporter n'ont pas sauvé l'horeca en fin d'année

29.000 emplois risquent de passer à la trappe dans l'horeca cette année en raison des deux lockdowns. ©EPA-EFE

Les restaurants ont accusé une chute de 57% de leurs revenus en novembre et décembre, selon les calculs de Belfius Research, qui plaide pour leur réouverture.

Les deux derniers mois de l'année dernière n'ont pas permis au secteur horeca (hôtels, restaurants et cafés) de reprendre du poil de la bête en dépit des nombreuses initiatives prises par les restaurateurs pour proposer leurs plats à emporter (take-away). L'équipe de recherche de la banque Belfius a calculé la chute du chiffre d'affaires de ses clients actifs dans ce secteur: il a reculé de 57% en moyenne en novembre et décembre par rapport à la même période de 2019, alors que c'est l'époque la plus festive de l'année. Le bilan est un peu moins lourd qu'au premier confinement, où le chiffre d'affaires de l'horeca avait atteint le fond en avril avec une chute de 69%. Quant au rebondissement enregistré entre les deux lockdowns, de juin à la mi-octobre, il n'a pas permis de compenser ces pertes; il n'a pas même permis d'égaler les chiffres des mêmes mois de 2019 en raison des mesures imposées alors sur la distanciation sociale et la limitation des personnes par table .

Ce sont les formules de commandes à emporter qui expliquent l'amélioration au deuxième confinement, mais celle-ci n'est que de l'ordre d'une dizaine de pourcents des revenus, qui sont remontés de -69% à -57%. L'augmentation du take-away "résultait, d'une part, d'une offre plus large de menus à emporter et, d'autre part, d'une augmentation de la demande dans les nombreuses familles qui ont passé Noël à la maison", note Belfius.

La chute est plus forte, selon les restaurateurs

L'horeca est donc bien l'un des secteurs les plus durement touchés par la crise, conclut la banque, qui ajoute que si sa contribution au produit intérieur brut n'est que de 1,9%, sa contribution à l'emploi est beaucoup plus importante avec quelque 160.000 travailleurs, salariés et indépendants confondus. 29.000 d'entre eux risquent de perdre leur place d'ici la fin 2021, selon l'Economic Risk Management Groupe de la BNB. Et 30% des restaurateurs craignent la faillite. "Dès lors, une réouverture rapide et durable est essentielle pour la survie de nombreuses entreprises horeca, ainsi que le maintien d'aides ciblées", conclut l'étude.

"Tous les restaurants n'ont pas adopté une offre en take-away et ceux qui l'ont fait n'ont pas atteint 43% de leurs revenus d'avant."
Miguel Van Keirsbilck
secrétaire général de la Belgian Restaurants Association

Dans le secteur, on estime que la chute du chiffre d'affaires est encore plus prononcée que l'évaluation de la banque. "Tous les restaurants n'ont pas adopté une offre en take-away et ceux qui l'ont fait n'ont pas atteint 43% de leurs revenus d'avant", souligne Miguel Van Keirsbilck, secrétaire général de la Belgian Restaurants Association. "Dans les zones rurales, le take-away est plus difficile à mettre en œuvre. Nombre de restaurants sont à l'arrêt total avec aucun revenu. Quant aux hôtels, ils sont à 5 à 10% de leurs chiffres d'affaires habituels, pas davantage."

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