Mange des tomates... et la viande alors?

©Photo News

Au nord du pays, le modèle nutritionnel idéal a été revu et corrigé. Les aliments d’origine végétale sont préconisés, les viandes frappées d’anathème. Les secteurs visés donnent de la voix: Alpro est heureux, les abattoirs furieux, la fédération alimentaire mitigée…

À petite cause, grands effets? L’institut flamand pour la vie saine (Vlaams Instituut Gezond Leven) a publié une version profondément remaniée de sa pyramide alimentaire active. Destiné au grand public alors que la version précédente, qui remontait à 1997, s’adressait aux professionnels, le nouveau modèle alimentaire fait la part belle aux aliments d’origine végétale, qu’il place en tête de liste des produits recommandés, et relègue les viandes en fin de pyramide, dans la catégorie des aliments à consommer peu. Quant aux chips, au jambon fumé et aux alcools, ils se voient carrément expulsés de la pyramide pour intégrer une nouvelle catégorie des produits à éviter.

©Document Vlaams Instituut Gezond Leven

À peine publiée, cette refonte du modèle de consommation alimentaire recommandé a déjà fait réagir plusieurs secteurs de l’industrie agroalimentaire. Certains d’entre eux sont évidemment ravis, tandis que d’autres grincent des dents… Précision importante: il s’agit du modèle d’information nutritionnel préconisé en Flandre; il existe un autre modèle au sud du pays, qui a un contenu différent et qui n’est pas modifié pour l’instant.

La nouvelle pyramide flamande concerne toutefois l’ensemble de l’industrie alimentaire belge, non seulement parce que le nord du pays concentre la plus grosse part des entreprises concernées, mais aussi parce que la plupart des autres entreprises produisent et distribuent leurs produits dans les différentes régions.

Qu'en pense l'industrie?

La société belge Alpro, filiale du géant français Danone, a été une des premières à réagir. L’entreprise, qui propose des alternatives végétales aux produits laitiers, se réjouit du contenu du nouveau modèle nutritionnel. "Il correspond tout à fait à la vision qu’Alpro défend depuis 35 ans", souligne Ann De Jaeger, directrice corporate affairs. Ses produits au soja enrichis au calcium et ses boissons à base de graines et de céréales font partie de la liste des aliments recommandés.

Son de cloche très différent à la Febev, la fédération qui regroupe les abattoirs et les ateliers de découpe de viande. Celle-ci "ne peut souscrire à la représentation visuelle trop simpliste et trop peu nuancée" du nouveau modèle. Elle s’interroge sur la pertinence scientifique de ce travail et stigmatise, entre autres, la distinction que fait l’institut entre les produits d’origine animale et la viande non transformée, qui est déconseillée. La Febev revendique "une place pour la viande dans un régime alimentaire sain et équilibré".

La Fédération de l’industrie alimentaire se montre également sceptique. Son aile flamande déplore que "de nombreux groupes de produits soient abordés de manière négative". Elle souligne que le secteur a pris divers engagements avec les pouvoirs publics pour encourager les consommateurs à manger et boire plus sainement. Elle met en doute la base scientifique qui a conduit à diaboliser l’alimentation "ultra-transformée" et la viande. Elle plaide pour qu’on adopte un modèle nutritionnel unique pour la Belgique entière…

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