Publicité
Publicité

Marcolini accuse le coup de la crise

En raison de l'effondrement du tourisme, de nombreuses boutiques Marcolini ont dû être temporairement fermées. Pour autant, aucune fermeture définitive n'est à ce stade à l'étude en Belgique. ©Kristof Vadino

En mal de trésorerie, Marcolini s'est tourné vers sa banque. L'actionnaire britannique serait prêt à suivre. De quoi raviver l'idée d'ouvertures.

L'heure est aux comptes pour Marcolini. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la situation est moins glamour que la récente réouverture du Food Hall d'Harrods, à Londres, où le célèbre chocolatier belge dispose désormais d'un large comptoir et de la vente de macarons en exclusivité. 

Le groupe a en effet accusé le coup de la crise en raison notamment de la chute vertigineuse du tourisme. Quiconque se promène au Sablon, sur la Grand-Place ou à Bruges en fera le constat: c'est vide - "angoissant", évoque le fondateur, Pierre Marcolini. Et surtout, cela frappe en leur cœur les boutiques phares du groupe qui faisaient jusque-là le bonheur des étrangers. 

Faire des choix

Résultat, il aura fallu faire des choix. Et rationaliser les coûts. C'est ainsi par exemple que le Français Renaud Mazière était remplacé en fin d'année au poste de CEO - repris par le président et coactionnaire de la société Olivier Coune, qui sera épaulé par un nouveau management -, quand l'activité commerciale a dû être arrêtée en Espagne faute d'avoir réussi à faire connaître la marque qui y débarquait en 2018. 

"On n'est pas parvenu à faire connaître la marque en Espagne."
Pierre Marcolini
Fondateur et administrateur délégué

Plus fondamentalement, l'idée est dorénavant de consolider la position du groupe dans les trois pays européens principaux que sont la Belgique, la France et le Royaume-Uni. Et ce, même si ces deux derniers marchés enregistrent des pertes depuis quelques années déjà, Belgique comprise lors de l'exercice décalé 2019-2020. En effet, ils sont "destinés à nourrir la marque - Paris est une vitrine-, et contribuent à la valorisation et au succès des activités internationales", évoque Pierre Marcolini, administrateur délégué et directeur artistique.

Implantations en Asie

Du reste, bien qu'encore balbutiant, l'e-commerce - et les ventes B2B dans une moindre mesure - complète évidemment la stratégie, tout comme une conquête progressive de l'Asie où l'entreprise se déployait il y a vingt ans déjà

40
Boutiques
Activités japonaises comprises, Marcolini atteindrait les 400 emplois en consolidé pour une quarantaine de boutiques de par le monde.

Concernant cette zone géographique, deux changements majeurs sont à relever. D'un côté, Marcolini s'affaire à présent à commercialiser ses produits en direct au Japon après dénonciation du contrat qui le liait à son partenaire local - il y enregistre de l'ordre de 20 millions d'euros de chiffre d'affaires.

D'un autre côté, le chocolatier accélérera son expansion avec deux nouveaux magasins en Chine où le groupe compte à ce jour une petite dizaine de points de vente. Il bénéficiait en ce sens d'un prêt de deux millions d'euros en 2018 de Finance&invest.brussels

En Europe, deux boutiques verront le jour à Nice et Paris, quand une deuxième ouvrira à Dubaï, confie Marcolini. 

Appel d'air

Ce qui a permis ces perspectives? Un début d'année 2021 "plus positif" que le cœur de la crise l'an dernier, mais aussi et surtout un soutien bancaire - de BNP - qui prendra la forme d'un emprunt en deux tranches à recevoir en juin et en août prochain, apprend-on, éventuellement complété d'une intervention de l'actionnaire britannique Neocapital (43%). 

Et pour cause, ce dernier, qui montait à bord en 2013 et pensait se diriger vers la sortie fin 2019, se dit aujourd'hui également prêt à apporter un soutien financier "adéquat" à Marcolini, de manière "à assurer la continuité́ des activités", détaillent les états financiers du groupe. 

"Le chocolat belge a de moins en moins le vent en poupe à l'international."
Pierre Marcolini
Fondateur et administrateur délégué

En Belgique, Pierre Marcolini emploie aux alentours de 130 personnes, notamment au sein de son atelier de 3.000m2 de Haren. En cas d'ajout des activités japonaises, ce chiffre atteindrait les 400 en consolidé, pour une quarantaine de boutiques de par le monde. 

Du reste, pour ce qui est des ventes, le chiffre d'affaires Chine comprise tourne autour d'une vingtaine de millions, entend-on. Avec peu d'indication quant à l'évolution des derniers mois. Tout au plus nous dit-on que "le secteur est très touché", couplé au fait que "le chocolat belge a de moins en moins le vent en poupe à l'international", constate Pierre Marcolini. 

La maison mère de Neuhaus a sorti le chéquier

Du côté de la branche chocolat de Bois Sauvage (Neuhaus, Corné Port Royal, Jeff de Bruges…), l'on apprend que le holding s'est renforcé en période de crise dans Artista Chocolates. Le groupe détient désormais 75,8% du capital du petit fabricant wavrien de pralines racheté en 2016, contre 71% il y a peu encore.
En parallèle, un investissement a été réalisé en vue d'acquérir 5% de plus de la société équatorienne Ecuadorcolat, détenue à 35% à présent. L'entreprise possède plus de 900 hectares de plantations de cacaoyers destinés à l'approvisionnement quasi exclusif de ses actionnaires. L'opération a rendu possible l'acquisition de 500 hectares supplémentaires.

Le résumé

  • Marcolini a souffert, comme tout le secteur du chocolat.
  • L'activité espagnole est arrêtée, celle au Japon en passe d'être reprise en direct.
  • De nouvelles ouvertures sont en vue en Chine, en France et à Dubaï.
  • Ce qui a été rendu possible grâce au soutien de la banque du groupe.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés