Marcolini s'attaque aux USA via… Hawaï

©Tim Dirven

À peine installé en Chine, le célèbre chocolatier bruxellois lorgne déjà les Etats-Unis et le Moyen Orient. Les revenus du groupe sont en hausse de 11 %.

Comme bien d’autres acteurs, le chocolatier Pierre Marcolini a subi l’an dernier le contrecoup des attentats terroristes et de la fermeture de plusieurs tunnels à Bruxelles. Mais si ses ventes reculent de 6 % – à 10 millions d’euros – sur son marché domestique, son expansion à l’international lui permet de garder le cap de la croissance.

19 millions €
Le groupe Marcolini a bouclé l’exercice 2015-2016 sur un chiffre d’affaires de près de 19 millions d’euros (+11 %), grâce essentiellement au bond des ventes en Europe (+25%).

Le groupe Marcolini a en effet bouclé son exercice comptable 2015-2016, clôturé le 30 juin, sur un chiffre d’affaires de près de 19 millions d’euros, en hausse de 11 %. Une performance due pour l’essentiel au bond spectaculaire des ventes en Europe (+ 25 %).

Avec ses 25 millions d’euros de recettes, le Vieux Continent se rapproche ainsi du Japon, le premier marché du chocolatier (+ 8 % à 27 millions d’euros). Et si le résultat est encore négatif, Pierre Marcolini ne s’en inquiète guère. "Nous ne sommes pas bénéficiaires, mais nous sommes dans une phase d’investissements. Nous avons notamment réinvesti l’an passé pour plus de 1,5 million d’euros rien qu’à Bruxelles, où nous avons agrandi nos surfaces commerciales de 1.500 m². Et l’Ebitda est positif", souligne-t-il.

Fini la croissance folle

Le fondateur du chocolatier éponyme préfère voir son entreprise croître moins vite, mais de façon maîtrisée. "C’en est fini des vagues de croissance folle de plus de 30%", souligne ce quinquagénaire toujours aussi mordu de chocolat.

Pour grandir, le groupe peut s’appuyer sur de solides têtes de pont en France, au Royaume Uni et au Japon. Cinq nouveaux points de vente ont été ouverts chez Harrods à Londres, à Paris, mais aussi au Japon et à Shanghai, où deux autres boutiques devraient suivre sous peu.

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Le cinquième point de vente devrait permettre d’attaquer le marché américain. Comme tout le monde, Pierre Marcolini garde un œil sur la côte Est, sur New York en particulier. Mais il a choisi de la prendre à revers en s’installant à… Hawaï.

Le choix plutôt étonnant de cet archipel situé au cœur du Pacifique, à près de 4.000 kilomètres de la Californie, trouve son explication au Japon. "Mon partenaire japonais, qui nous suit depuis pratiquement 17 ans, avait fait figurer dans son contrat de licence une clause lui octroyant, outre le Japon, une licence pour Hawaï", explique Pierre Marcolini.

Comme tout le monde, l’artisan chocolatier s’est interrogé sur cette requête un peu particulière. "Mais quand nous avons débarqué à Hawaï, nous nous sommes rendu compte que cet archipel hébergeait énormément de Japonais. Hawaï accueille chaque année plus de 7 millions de touristes nippons."

Certificat FDA

Cette voie d’accès pour le moins atypique au marché américain a en tout cas un avantage appréciable. "Notre implantation à Hawaï nous a déjà permis d’entrer sur le marché américain et de recevoir ainsi le certificat FDA", précise Pierre Marcolini.

Outre les Etats-Unis, le chocolatier belge est aussi en discussions avancées avec les émirats du Moyen Orient (Dubai, Qatar…).

Où s’arrêtera la croissance du groupe Pierre Marcolini ? Son père fondateur ne pose pas de limites, mais il tient à garder la maîtrise intégrale de la production, depuis la fève de cacao jusqu’au produit fini.

Tous les produits de la gamme sont fabriqués dans l’atelier bruxellois de Haren, qui emploie 80 personnes (sur un total de 200 en Europe). C’est là que sont torréfiées et transformées les fèves achetées aux 14 plantations, essentiellement sud-américaines, avec lesquelles travaille Pierre Marcolini.

Aujourd’hui, le groupe produit 300 tonnes de chocolat par an. Une paille face aux 5.000 tonnes d’un Galler. Mais c’est déjà bien plus qu’un petit chocolatier. "On me demande parfois si on est encore artisan quand on possède autant de boutiques. Pour moi, c’est une question d’état d’esprit", dit Pierre Marcolini.

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