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Mauvaise passe pour AB InBev ou malaise plus profond?

©BELGA

Après des résultats trimestriels décevants et des perspectives revues à la baisse, AB InBev a chuté de 11% en Bourse vendredi. S'agit-il d'une mauvaise passe ou d'une tendance plus profonde? L'avis des analystes.

Pour AB InBev , c’est le lendemain de la veille comme on dit. Gueule de bois et mal de cheveux. Le jour où l'on évalue l’ampleur des dégâts provoqués par des résultats décevants et un "profit warning ". Une dégringolade de 11% de l’action et 18 milliards d’euros de capitalisation boursière partie en fumée. La confiance des investisseurs sera difficile à reconquérir après une veste pareille.

Ce lundi matin, l’action peine encore à se stabiliser. En fin de matinée, elle perdait 1% à 73 euros réduisant son gain annuel à 27%. Une demi douzaine d’analystes ont déjà sorti leurs calculettes pour réviser leurs estimations et réduire leur objectif de cours sur l’action. C’est notamment le cas de Barclays (de 74 euros à 67 euros), de Bernstein (de 96 à 92 euros) et de Macquarie (de 93 euros à 88 euros).

Facteurs à court terme

Bien que lui aussi ait réduit son "target" (de 101 euros à 98 euros), Kepler Cheuvreux reste optimiste ("acheter") sur les perspectives du leader mondial de la bière.

Le broker estime que la baisse des prévisions – AB InBev ne s’attend plus qu’à une croissance modérée de son Ebitda en 2019 contre une forte croissance évoquée précédemment- est principalement causée par des facteurs à court terme. "Nous pensons qu’AB InBev fonctionne mieux que par le passé avec jusqu’à présent une croissance des volumes de 1% en 2019, l’une de ses meilleures performances depuis des années. Nous attendons une hausse des volumes de 1,5 à 5% dans les années à venir."


Perspectives modestes pour 2020

Le ton est moins enthousiaste du côté de Jefferies ("conserver") qui a ramené son objectif de cours à 73 euros contre 85 euros avant. Pour Edward Mundy les perspectives de croissance pour 2020 semblent modérées en l’absence de synergies et d’une situation macroéconomique difficile. Mais il s’attend toutefois à un quatrième trimestre meilleur que le troisième

Les synergies issues du rachat de SABMiller touchent, en effet, à leur fin. Selon ses estimations, elles ont pesé pour près de la moitié de la croissance de bénéfices en 2017 et 2018. "Le marché peut désormais se poser la question : que va-t-il se passer pour AB InBev après ses rachats menés à la cadence d’un tous les quatre ans entre 2004 et 2016 ?"

Même si la baisse de l’endettement permet au groupe d’envisager une acquisition de taille (comme Castel) le marché ne sera pas très chaud de voir le bilan à nouveau alourdi juge l’analyste. Et un rachat financé en partie avec des actions s’avère moins attractif après la chute du titre.

Une majorité à l'achat

Plus globalement, 21 analystes sont encore à l’achat sur AB InBev. Une dizaine conseille de conserver le titre et trois de le vendre. L’objectif de cours moyen de 93,2 euros présente un potentiel de croissance de 27%.

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