NewTree augmente son capital et cherche des partenaires

Benoît de Bruyn garde confiance dans son modèle axé sur le durable et plaide pour la prise en compte de critères environnementaux dans la relance. ©Sofie Van Hoof

La PME championne des chocolats et cafés durables repense son modèle en réaction à la crise. Elle lève 500.000 à 750.000 euros pour financer de nouveaux projets.

La crise n’a pas épargné NewTree, la PME bruxelloise spécialisée dans le chocolat et le café bio, neutres en carbone et de commerce équitable. La société cotée sur le marché Access (PME) à Bruxelles exploite aussi cinq établissements de petits-déjeuners durables: deux aux États-Unis, deux en France sous franchise, et un en Belgique, qu’elle avait ouvert à Bruxelles deux mois seulement avant la pandémie. Ces cinq restaurants ont dû fermer du jour au lendemain. Comme ils représentaient 50% du chiffre d’affaires de NewTree, on imagine sans peine l’impact sur ses comptes, même si l’activité de commercialisation des chocolats et cafés dans les grandes surfaces s’est maintenue, elle.

"On n’avait aucun endettement au niveau de la maison mère", commente le fondateur et CEO Benoît de Bruyn, "mais nos établissements sont tous installés dans des endroits très recherchés, pour des loyers élevés. En Californie, comptez 8.000 à 10.000 dollars de loyer par mois. Aujourd’hui, nous négocions avec les propriétaires en Belgique et aux États-Unis."

Nouvelle action à 1,55 euro

NewTree s’est résolue à acter un abandon de créances et une moins-value sur ses activités américaines, ce qui pèsera, via l’exceptionnel, sur ses comptes qui malgré un opérationnel positif se clôtureront dans le rouge. "Nous cherchons des partenaires pour nos deux cafés américains et notre établissement à Bruxelles", poursuit le CEO. "Cela peut passer par un accord de franchise ou par d’autres formes d’alliance."

"Nous cherchons des partenaires pour nos deux cafés américains et notre établissement à Bruxelles."
Benoît de Bruyn
CEO de NewTree

L’entreprise va par ailleurs augmenter son capital, par placement privé. Plusieurs investisseurs ont déjà marqué leur intérêt pour une opération qui représentera 500.000 à 750.000 euros. Il reste des places à prendre, mais tout sera bouclé dans les jours qui viennent. "On émettra de nouvelles actions à 1,55 euro pièce, soit un prix légèrement supérieur au cours actuel de 1,45 euro." Pour sauver le business? "Non, nous ne sommes pas à la rue", répond de Bruyn. "Ce montant servira à assurer nos projets futurs. On doit en effet se réinventer."

Trafic inhibé par le stress sanitaire

Le positionnement de NewTree sur des produits durables et sur l’économie circulaire correspond aux aspirations d’une frange toujours croissante de la population. La crise pandémique va d’ailleurs conforter cette tendance. "On devrait intégrer des critères environnementaux dans la relance économique", plaide à ce propos le CEO qui reste très confiant dans son métier de base, le développement et la commercialisation.

"On manque de visibilité sur les moments de la réouverture, surtout en Belgique, sur les loyers, qui devraient être renégociés à long terme, et sur le trafic clients."
Benoît de Bruyn

Il reste néanmoins dubitatif quant à la reprise dans l’horeca en général: "on manque de visibilité sur les moments de la réouverture, surtout en Belgique, sur les loyers, qui devraient être renégociés à long terme, et sur le trafic clients." Selon lui, un vaste "stress sanitaire" va continuer de peser sur le secteur, avec pour conséquence une chute du taux de fréquentations des cafés et restaurants par rapport au niveau d’avant-crise. Et bien difficile de prévoir aujourd’hui combien de temps il faudra patienter avant un retour à la normale.

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