"Nommer un nouveau CEO ne réglera pas le problème de la dette d’AB InBev"

À qui reviendra le défi de succéder au CEO d'AB InBev, Carlos Brito, en poste depuis plus de 15 ans? ©BELGA

Le marché est resté sobre à l'annonce de la recherche d'un successeur au CEO d'AB InBev, Carlos Brito. Les analystes, eux, voient le verre à moitié plein ou à moitié vide, c'est selon.

On ne peut pas dire que l’annonce de la recherche d’un remplaçant à Carlos Brito, le CEO d’AB InBev , ait provoqué des vagues, ni même des vaguelettes, sur les marchés ce mardi matin. Le titre, qui a dévissé de 32% depuis le début de l'année, est resté de marbre.

Certes, l’information dévoilée lundi par le Financial Times n’a pas (encore?) été confirmée par le brasseur, mais le scénario évoqué n’a rien d’étonnant.

Au fil des 16 ans passés à la direction générale, Carlos Brito a - avec la complicité du CFO Felipe Dutra parti il y a quelques mois - hissé le groupe brassicole à la place de numéro un mondial du secteur à coup de méga-acquisitions, mais au prix d’un endettement colossal qui pèse aujourd’hui encore sur le cours de l’action.

"Perdre un chef est de la malchance, perdre les deux ressemble à de l’insouciance."
Reginald Watson
Analyste chez ING

Un oustider?

Reste à savoir si AB InBev se choisira un candidat hors de ses murs ou s’il jouera la sécurité en sélectionnant quelqu’un qui connaît déjà la maison. Chez Kepler Cheuvreux ("acheter"; 52 euros), on estime qu’il est hautement improbable de voir un outsider accéder à la fonction de CEO étant donné la culture du groupe axée sur le développement des talents. "Le problème le plus pressant d’AB InBev, son endettement, ne sera pas résolu par la nomination d’un nouveau CEO", affirme toutefois le courtier.

Reginald Watson d’ING souligne, pour sa part, que "perdre un chef (le CFO Dutra, NDLR) est de la malchance mais que perdre les deux ressemble à de l’insouciance". La nouvelle direction devra concevoir un nouveau message à l’adresse des investisseurs afin de retrouver un niveau de confiance et d’estime similaire à celui dont ont bénéficié Carlos Brito et Felipe Dutra prévient-il. "Cela prendra du temps et limitera probablement la performance de l’action. Une raison de plus de maintenir notre conseil à 'conserver' sur la valeur."

-32%
Depuis le début de l'année, l'action AB InBev a perdu près d'un tiers de sa valeur.

Chez Citi, on voit la nomination d’un externe au poste de  CEO comme un obstacle à court terme dans la mesure où elle pourrait intensifier le débat autour de la stratégie et des marges du groupe. Pour Bernstein, par contre, le timing d'une telle procédure a du sens.

Pas de grand changement

Wim Hoste et Alan Vandenberghe de KBC Securities ("acheter"; 80 euros)  pensent, au contraire, qu’un nouveau leadership  ne changera pas grand-chose dans le court terme.

Ils rappellent que le brasseur a déjà intensifié ses efforts pour accroître la croissance organique ces dernières années. Les fusions et acquisitions semblent un chemin moins évident, jugent-ils, et cela en raison de l’endettement élevé et des risques réglementaires en matière de concurrence.

©Mediafin

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