Pas de gueule de bois pour les boissons de fête sans alcool

Numéro un belge des vins désalcoolisés avec 70% de part de marché, Néobulles propose aussi désormais du whisky et de la vodka sans alcool. ©Kristof Vadino

Les bières, vins et spiritueux désalcoolisés se vendent de mieux en mieux. Une offre de plus en plus diversifiée assure à ce segment une croissance à deux chiffres.

On peut en boire jusqu'au bout de la nuit: ce célèbre slogan publicitaire des années 80 pour une bière sans alcool devient une source d'inspiration. Les boissons désalcoolisées entrent dans les moeurs, et la pandémie de Covid-19 ne freine pas leur consommation.

Une part de plus en plus importante d'amateurs d'alcool réduisent leur consommation. A cela s'ajoute une offre de plus en plus qualitative et diversifiée.

Cette évolution se reflète dans l'évolution des ventes de produits comme les tonics, utilisés dans les 'mocktails'. "Même si l'horeca représente une baisse de recettes de 40%, 2020 est une bonne année pour les tonics et les boissons énergisantes", souligne Stefaan Bettens, CEO de Jet Import, importateur de Red Bull, des tonics Fever-Tree ou encore des softdrinks Bionade.

La 'consommation responsable' devient tendance. "Il y a 10 ou 15 ans, le consommateur demandait plus de vitamines, plus de nutriments... Aujourd’hui, il veut moins: moins de sucre, moins de pesticides, moins d’alcool…. Avec la crise du Covid, les gens modèrent leur consommation d’alcool en se tournant de temps à autre vers des boissons non-alcoolisées", explique Arnaud Jacquemin, CEO et cofondateur d'Univers Drink.

Un million de bouteilles

Cette société liégeoise ne produit que des boissons festives sans alcool sous les marques Night Orient, Vendôme et Ginzero: vins effervescents et tranquilles, cocktails sans alcool et, depuis peu, un gin à 0% d'alcool. Avec succès: depuis mars dernier, Night Orient a accru ses ventes de 40% et franchi le cap du million de bouteilles vendues.

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Depuis mars dernier, Night Orient a accru ses ventes de 40% et franchi le cap du million de bouteilles vendues.

Night Orient bénéficie - il est vrai - d'une quasi absence dans l'horeca. Les Grandes Distilleries de Charleroi, qui produisent également des boissons non-alcoolisées (environ 10% de la production totale) peuvent en témoigner. "Comme nous livrons beaucoup à l’horeca, nos ventes de 2020 sont en recul, mais la décroissance des produits sans alcool est moins forte que celle des boissons alcoolisées", résume son directeur général, Henry Symons.

Déjà bien présent avec une part de marché de 70% sur les vins sans alcool, Néobulles progresse, mais ne s'envole pas. La société basée à Thimister progresse d’environ 15% dans le commerce de détail mais subit de plein fouet l'arrêt de l’horeca. "Nos ventes ont surtout progressé à l’export. Les marchés japonais, canadien et néerlandais, notamment, ont bien performé", dit son CEO, Philippe Stassen.

Celle-ci a cédé en 2019 Kidibul, le mousseux sans alcool pour enfants, à la société gantoise Bruggeman. Qui se satisfait d'une année 2020 mi-figue mi-raisin. "Les plaines de jeux et activités pour enfants ayant été fermées, il n’y a pas eu de croissance. Mais la distribution a vendu un peu plus. Pour nous, l’année 2020 se solde donc par un statu quo, ce qui en soi est plutôt pas mal", indique son directeur général, Lieven Stevens.

L'intérêt des géants

Les géants du secteur s'intéressent de plus en plus à ce créneau porteur. Avec un retard de dix ans sur les brasseurs, pour qui les bières sans alcool ou faiblement alcoolisées (6% du total) sont pratiquement le seul vecteur de croissance. Bacardi-Martini a ainsi lancé en juin dernier deux nouvelles déclinaisons sans alcool de son célèbre vermouth.

"Bacardi-Martini prévoit d'ici 2024 une croissance de 400% pour la catégorie sans alcool ou faiblement alcoolisé."
Charlotte D’Hoogh
Directrice commerciale de Bacardi-Martini (Benelux et pays nordiques)

"Nous n’avons pas de chiffres à ce stade, mais je peux dire que les ventes ont très bien démarré. Bacardi-Martini prévoit d'ici 2024 une croissance de 400% pour la catégorie sans alcool ou faiblement alcoolisé", explique Charlotte D’Hoogh, directrice commerciale pour le Benelux et les pays nordiques.

Dans l'absolu, le marché du sans alcool restera modeste. "Je m’attends à ce qu’il plafonne à 2 ou 3% de l’ensemble du marché vinicole. Sachant qu’en Belgique, on consomme 320 millions de bouteilles par an, le vin désalcoolisé devrait représenter 9 à 10 millions de bouteilles, ce qui est déjà pas mal", précise Philippe Stassen.

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