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interview

Père Karel (Abbaye de Grimbergen): "On a toujours souhaité renouer avec le brassage"

Le Père Karel a appris à brasser avec l'aide du maître-brasseur Marc-Antoine Sochon. ©doc

Après leurs confrères d'Averbode, les prémontrés de l'Abbaye de Grimbergen recommencent eux aussi à brasser. Leur microbrasserie sera un pôle d'innovation.

Brassée par Alken-Maes en Belgique et Carlsberg à l'étranger, la bière d'abbaye Grimbergen verse des redevances à l'abbaye prémontrée homonyme, installée à quelques kilomètres au nord de Bruxelles. Les chanoines de l'endroit rêvaient de recommencer à brasser eux-mêmes, comme leurs prédécesseurs, jusqu'en 1796. C'est désormais chose faite: la communauté dispose à présent de sa microbrasserie, installée en collaboration avec ses deux partenaires historiques. Un des moines, le Père Karel Stautemas, pourvoyeur de l'abbaye, a appris le métier. Il brassera les nouvelles bières du lieu avec l'aide d'un jeune maître brasseur français, Marc-Antoine Sochon. Plus de détails avec le Père Karel...

Pourquoi la communauté prémontrée de Grimbergen a-t-elle décidé de créer une microbrasserie? Étiez-vous jaloux des Trappistes?

Nous ne sommes pas jaloux d'eux, bien au contraire! Il faut savoir que dans le passé, l'abbaye de Grimbergen a toujours brassé de la bière. Pour différentes raisons: pour remplacer l'eau, qui n'était pas potable à un certaine époque, pour rémunérer en bières le personnel, etc. On l'a fait jusqu'à la Révolution française, qui a eu pour effet de chasser les chanoines de l'abbaye. Nous avons à présent la chance que notre partenaire, Carlsberg, nous soutienne dans notre rêve de brasser à nouveau, et que notre autre partenaire Alken-Maes participe au projet.

C'était donc un rêve, pour vous?

Oui, on a toujours souhaité renouer avec nos activités du passé. Dans le cadre de notre relation avec Carlsberg et Alken-Maes, on a veillé à conserver les recettes brassicoles de l'abbaye. Et on a participé au développement des nouvelles bières et de leur présentation, en les approuvant ou les refusant, selon une saine collaboration. Il est aussi important qu'à côté de la gamme de bières actuelle, on puisse mener à bien, ici, des expérimentations et des innovations... qui composeront à l'avenir un morceau de la gamme des Grimbergen — car on veut la développer davantage.

"Il est aussi important qu'à côté de la gamme de bières actuelle, on puisse mener à bien, ici, des expérimentations et des innovations."

Créerez-vous de nouvelles bières estampillées Grimbergen?

Oui. Nous allons déjà en lancer trois sur le marché: la Magnum Opus, une bière de style brut avec quelques innovations dont le recours à une levure de champagne, synonyme de davantage d'effervescence, et à un houblon néo-zélandais, le Nelson Sauvin, qui apportera une touche de vin blanc. L'Astrum Pale Ale, une bière de style pale ale avec des traits d'IPA et une combinaison de houblons flamand et australien pour mêler amertume et caractère fruité. Et l'Ignis Quadruple, une bière complexe et forte au départ d'un malt pour whisky fumé au bois de hêtre.

Où vos nouvelles bières seront-elles exportées?

On commencera par le Danemark, la France et l'Italie. D'autres viendront s'ajouter ensuite.

10.000
hectolitres
La microbrasserie de Grimbergen produira 10.000 hectolitres par an.

Quel volume de production visez-vous?

10.000 hectolitres. Ce sera le maximum, car l'abbaye tient à ce que ses installations demeurent une microbrasserie. On ne veut pas grandir trop, également par souci pour les riverains et la commune de Grimbergen: l'abbaye se trouve au milieu du village. Notre outil doit rester un laboratoire pour des séries spéciales ou limitées.

"Les brasseries artisanales nous montrent qu'il faut de plus en plus alimenter le consommateur en nouveautés."

Et si la demande explose pour l'une ou l'autre de vos nouvelles bières?

L'idée est de maintenir éveillée la curiosité du consommateur. Les brasseries artisanales nous montrent qu'il faut de plus en plus alimenter le consommateur en nouveautés. Ceci dit, si l'on lance une bière qui sort de l'ordinaire, il sera toujours possible d'avoir une conversation avec Carlsberg et Alken-Maes en vue d'éventuellement la brasser en dehors de l'abbaye. Mais ce n'est pas l'idée première, qui reste de développer l'activité dans nos murs.

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