Pierre Marcolini revient à l'opérationnel avec un projet de biscuiterie

Le fondateur de la célèbre maison a (ré)endossé le rôle de CEO à l’aube du premier confinement. Il travaille depuis lors en duo avec le président du conseil, Olivier Coune, qui a lui-même été CEO de 2009 à 2016. ©Dieter Telemans

Pour alléger les coûts, Pierre Marcolini a décidé de recoiffer la casquette de CEO. L'occasion de lancer de nouveaux projets, dont une biscuiterie au Sablon.

Crise oblige, Pierre Marcolini remet les mains à la pâte en tant que CEO, a-t-on appris à bonne source. Exit donc le Français Renaud Mazière, monté à bord en 2017 dans l’idée d’apporter une dimension organisationnelle au groupe.

"Nous avons été obligés d'alléger notre structure de coûts pour traverser la pandémie"
Pierre Marcolini
CEO et fondateur de Marcolini

Le célèbre chocolatier, en pleine préparation des bûches de Noël, confirme l’information. Et étaye: "Nous avons été été obligés d’alléger notre structure de coûts pour traverser la pandémie. J’ai donc repris en mars dernier, à l’aube du premier confinement, un rôle plus actif en duo avec le président du conseil, Olivier Coune, qui a lui-même été CEO de 2009 à 2016."

Mais l’effort ne s’arrête pas là. Le manager pour la Belgique a, par exemple, aussi été remercié au profit d’une unique personne en charge des marchés français, britannique et belge, apprend-on.

Verre à moitié plein

La période n’aura pas été simple pour le groupe, avec une quarantaine de boutiques de par le monde. En cause? La chute vertigineuse du tourisme asiatique notamment, grand consommateur sur le Vieux continent des créations découvertes localement – grâce à une présence en Chine et au Japon.

Des fermetures "temporaires" ont ainsi dû être décidées ces derniers mois "pour quelques boutiques" (Bruges, Galeries de la Reine) en manque de rentabilité, indique le fondateur.

De même, les projets d'expansion à l'international ont tous été mis "on hold", si ce n'est l'ouverture en janvier prochain d'un sixième point de vente à Pékin, permis grâce à un soutien de 2 millions d'euros accordé en 2018 par Finance.brussels.

Annus horribilis? L’intéressé préfère voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide. "Cette période, malgré ses défis, nous a aussi permis d’avancer sur des projets qu’on avait mis au frigo."

"Cette période, malgré ses défis, nous a aussi permis d’avancer sur des projets qu’on avait mis au frigo"
Pierre Marcolini
CEO et fondateur de Marcolini

C’est ainsi qu’outre l’instauration d’un logiciel de gestion des ressources d’entreprise (ERP) signé Odoo – le champion brabançon en la matière –, les efforts en matière d’e-commerce ont encore été accrus. Et ce, alors qu’ils délivraient déjà une croissance de plus de 120% entre 2018 et 2019 – "pas dur quand on joue sur de petits montants", concède le patron.

120%
de croissance
C'est ce qu'affichaient les ventes en ligne entre 2018 et 2019... en 2020, confinement oblige, les efforts dans ce sens ont été accrus.

Pour autant, la réflexion englobe aussi les magasins physiques qui, demain, "seront beaucoup plus tournés vers l'expérience – voir, goûter, toucher, sentir. On entend faire de nos vendeurs de vrais experts, capables de conseiller sur les associations possibles entre tel chocolat et tel autre produit".

Une petite chocolaterie devrait en ce sens voir le jour à Anvers, "permettant aux consommateurs d’assister en direct au processus de torréfaction de la fève de cacao. C’est un test, mais qui pourrait essaimer en cas de succès."

Diversification

Tout comme un autre projet d’ailleurs, préparé dans la plus grande discrétion par celui qui a commencé sa carrière en tant que pâtissier. Nom de code? "Kumo", pour nuage en japonais. Quatre à cinq personnes sont actuellement mobilisées.

De quoi s’agit-il? D’une diversification du groupe… dans les biscuits. Plus précisément, dans une sorte de gros macaron, de forme unique, à déguster sur le pouce. On n’en saura pas plus.

43%
d'actifs détenus par NEo
Le fonds britannique neo capital, actionnaire à 43% de Marcolini, ne projette plus de sortir du capital à court-terme.

L’ancienne boutique du Sablon, située à côté du Vieux Saint Martin, sera reconvertie autour de la création, qui doit permettre de contrer la saisonnalité du chocolat. Ouverture prévue mi-décembre.

Enfin, l'on apprend que le fonds britannique neo capital, monté à bord en 2013, ne projette plus de céder ses 43% du groupe à court-terme. Et ce, en raison d'une valeur moindre de l'entreprise liée à la crise. Le dossier pourrait revenir sur la table "d'ici deux à trois ans" par contre.

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