Pour s'alimenter bio, le Belge a l'embarras du choix

Les chaînes de magasins bio (ici, le Färm de Braine-l'Alleud) ont le vent en poupe. En Belgique, on en dénombre 19 exploitant au moins 3 magasins. ©doc

La Belgique compte près de 700 magasins vendant des aliments bio. La diversité de l'offre pousse le Belge à panacher ses achats entre plusieurs points de vente.

L'attrait pour l'alimentation bio est en progression régulière depuis plusieurs années. Aujourd'hui, quatre ménages belges sur dix achètent des aliments bio au moins une fois par semaine. En 2019, l'alimentation bio a rapporté 779 millions d'euros, soit trois fois plus qu'en 2008.

Le souci d'une nourriture plus saine et plus respectueuse de l'environnement pousse le consommateur à se tourner vers le bio. Mais il est sans doute aussi appâté par une offre plus diversifiée plus proche. Alors qu'il y a quelques années, les produits bio se trouvaient essentiellement dans les magasins spécialisés, d'autres canaux de vente sont venus s'ajouter: supermarchés, magasins de vrac et locaux, épiceries de luxe, boucheries, magasins à la ferme…

Le bureau d'études Sirius Insight a fait les comptes. En 2020, on répertorie 690 points de vente, répartis sur l’ensemble du territoire belge, contre... 265 en 2018 (mais l'observatoire de l'agriculture biologique parle de 600 points de vente). Parmi ceux-ci, 177 magasins sont détenus par 19 chaînes (Bio-Planet, Origin’O, Färm, Sequoia...) exploitant au moins 3 magasins. Soit une enseigne sur quatre. En 2018, les magasins indépendants représentaient encore 41% du total.

Panachage

"Historiquement, les points de vente bio se sont développés en Flandre. Mais la tendance s'inverse. En 2018, 47,2% des magasins bio se trouvaient en Flandre et 36,6% en Wallonie. En 2019, la Flandre en compte 39% et la Wallonie 46%", explique Mélanie Longin, fondatrice de la société de consultance Sales4bio. Bruxelles reste stable autour de 15%.

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En 2019, 46% des magasins bio se trouvaient en Wallonie et 39% en Flandre.

En Belgique, un ménage trouve en moyenne 4,7 magasins bio à 10 minutes en voiture de chez lui. Le Bruxellois a même le choix entre 10 magasins. Rapporté au nombre d'habitants, c'est le Brabant wallon qui est le mieux loti, avec 1,7 magasin pour 10.000 habitants. Les Anversois et les Limbourgeois sont les moins bien servis, avec respectivement 0,3 et 0,2 magasin pour 10.000 habitants.

Cette diversification de l'offre pousse le Belge à panacher davantage ses achats: il achète de moins en moins ses produits bio dans les supermarchés traditionnels. Un Belge sur trois fréquente plusieurs magasins, 6% des ménages vont exclusivement dans les magasins bio et 5% s'approvisionnent sur les marchés.

"Les consommateurs fréquentent davantage de magasins différents, surtout dans la partie francophone du pays."
Mélanie Longin
Consultant de Sales4bio

"En 2018, 60% des consommateurs achetaient leurs produits bio exclusivement n supermarché. Ils ne sont plus aujourd'hui que 53%. Les consommateurs fréquentent davantage de magasins différents, surtout dans la partie francophone", dit Mélanie Longin.

Loin de la saturation

Comparativement au commerce alimentaire traditionnel qui compte plus de 3.000 magasins, le marché bio ne pèse pas encore très lourd. Il y a encore une belle marge de croissance: au regard de pays comme l'Allemagne ou la France où il rapporte respectivement 12 milliards et près de 10 milliards d'euros, le marché belge du bio est loin de la saturation.

"Alors qu'auparavant chaque magasin avait sa zone de chalandise, la multiplication des points de vente rend la concurrence plus aiguë."
Karolien Sottiaux
Porte-parole de Sirius Insight

Mais les conditions du marché sont en train de changer. "Alors qu'auparavant chaque magasin avait sa zone de chalandise, la multiplication des points de vente rend la concurrence plus aiguë et pèse sur la rentabilité. Ce qui accélèrera l'évolution vers une professionnalisation du marché", explique Karolien Sottiaux, responsable de la communication chez Sirius Insight.

Cette évolution se traduira notamment par une plus grande présence des chaînes spécialisées, qui devraient se tourner davantage vers la franchise. L'enseigne Färm et Ekivrac, une chaîne d’épiceries bio privilégiant le vrac présente en Brabant wallon et en Hainaut, ont déjà franchi le pas.

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