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Pourquoi JP Morgan conseille de vendre l'action AB InBev

Dirigé par Michel Doukeris, AB InBev a vu son action reculer de 10% depuis le début de l'année. ©AB InBev

JP Morgan rejoint le camp des sceptiques sur les perspectives d’AB InBev constitué, jusqu’ici, par la seule Société Générale. Explications.

Le retour en grâce d’AB InBev auprès des investisseurs et de certains analystes ne semble pas pour demain quand on lit la note que JP Morgan Cazenove consacre au leader mondial de la bière.

Il faut dire que les résultats semestriels, les premiers présentés par le nouveau CEO, Michel Doukeris, fin juillet ont laissé comme un arrière-goût amer.

Certes les volumes et les ventes se sont révélés supérieurs aux attentes, mais ce ne fut pas le cas de l’ebitda, les marges ayant souffert du prix des matières premières. Autre déception: le groupe brassicole n’a pas relevé ses prévisions annuelles. Résultat: le titre a clôturé sur une chute de 6% ce jour-là.

Depuis le début de l’année, il affiche un bilan négatif de 10%, alors que le Bel 20 a grimpé de 19% sur la même période. Les concurrents Heineken et Carlsberg ont progressé respectivement de 2,6% et de 11,5%. Pas le Pérou, non plus…

Au bas de l'échelle

Aujourd’hui, JP Morgan a décidé, purement et simplement, de réduire son conseil sur la valeur à "sous-pondérer" (vendre), contre "neutre" avant. Sur la vingtaine de brokers qui suivent le groupe, seule Société Générale avait déjà adopté une position similaire. Son objectif de cours de 56 euros est toutefois supérieur à celui de JPMorgan (48 euros), qui figure désormais tout en bas de l’échelle.

"Nous ne voyons pas de point d'inflexion dans la dynamique des bénéfices d'AB InBev à court terme."
Celine Pannuti
Analyste chez JP Morgan Caznove

"Déjà au milieu d'un cycle pluriannuel de révision à la baisse des bénéfices, nous ne voyons pas de point d'inflexion dans la dynamique des bénéfices d'AB InBev à court terme", explique Celine Pannuti de JP Morgan.

En cause, l’inflation du prix des matières premières qui l’a conduit à réduire de 6% sa prévision de bénéfice par action pour 2022, la faisant passer à 10% sous le consensus. L’analyste estime également que le groupe sera confronté à une concurrence croissante, notamment celle issue du segment "beyond beer" (eau pétillante alcoolisée, cocktails prêt à boire, cidre, etc.).

Participation d'Altria

En outre, l’endettement élevé du groupe (3,9 fois l’ebitda anticipé pour 2022 par le broker) accroît le profil de risque et constitue un désavantage par rapport aux concurrents dans la perspective du return aux actionnaires. Enfin, la vente potentielle de la participation de 10% d’Altria pourrait constituer un poids de plus.

"L’action se négociant à 19,4 fois le bénéfice et à 11,6 fois l’ebitda estimés de 2022, nous pensons qu'il existe un potentiel de baisse supplémentaire de la valorisation en plus de la pression sur les bénéfices", conclut l’analyste.

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