reportage

Premières vendanges au "Mont des Anges"

Le vignoble est planté sur un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO : les minières néolithiques de silex de Spiennes. ©Kristof Vadino

Avec une associée champenoise, Vincent De Busscher plante, en 2018, 4,2 hectares de vignes en région montoise. Mont des Anges livre aujourd'hui ses premières vendanges.

Rien ne prédestinait Vincent De Busscher à créer un vignoble. Financier de formation, il a travaillé durant une trentaine d’années en entreprise, consulting et en banque (notamment comme gestion de trésorerie chez HSBC).

Après des vendanges en Champagne auprès d’une famille vigneronne de Condé-sur-Marne, il lui présente quelques années plus tard un projet: celui de lancer un vignoble en Belgique. Leur fille, Laurianne, accepte de relever le défi. Notre financier ne perd pas son temps: il suit des cours du soir en œnologie et des études en viticulture/œnologie au lycée champenois d’Avize. Il reçoit son diplôme avec les félicitations du jury.

A proximité du Domaine des Agaises et du Chant d'Eole

Grâce à un ami, il fait la connaissance de la famille de Rosée-d’Oultremont à Nouvelles, petit village situé entre Mons et Maubeuge. Un splendide coteau calcaire orienté sud/sud-est, est mis à la disposition du couple belgo/champenois. Une résurgence du bassin parisien connu pour sa haute teneur en calcaire. Le lieu semble idéal à proximité des deux stars des bulles wallonnes: Domaine des Agaises (cuvée Ruffus) et Chant d’Eole. Sur 4,2 ha, chardonnay, pinot noir et pinot meunier – les trois cépages emblématiques de Champagne – sont plantés malgré l’inquiétude des riverains craignant les traitements de la vigne avec des pesticides. "Nous les avons rassurés", explique le néo vigneron. "Nous nous sommes engagés à appliquer les principes culturaux d’une protection biologique intégrée – pas d’herbicides, pas d’insecticides – en partenariat avec le professeur Haïssam Jijakli de l’université de Gembloux".

"Nous nous sommes engagés à appliquer les principes culturaux d’une protection biologique intégrée."
Vincent De Busscher

Mais le vignoble offre une autre particularité, sans doute unique au monde: il se situe sur un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, les minières néolithiques de silex de Spiennes. Un permis a été nécessaire pour la plantation. Vincent De Busscher et Laurianne Lejour se sont engagés à devenir les gardiens du sol et du sous-sol. Cette année, ils se sont rendus acquéreurs d’une nouvelle parcelle (1,62 ha), sur la commune d’Havay, à cinq kilomètres du vignoble originel. Un accord a été signé avec un agriculteur (et directeur de la raffinerie de Tirlemont), Guy Paternoster. "Notre but est, à terme, dans les 3-4 ans, de développer un vignoble d’une quinzaine d’hectares planté avec les trois cépages champenois mais aussi d’autres pour élaborer des vins non mousseux. On songe, notamment, au sauvignon."

"Notre but est, à terme, dans les 3-4 ans, de développer un vignoble d’une quinzaine d’hectares planté avec les trois cépages champenois mais aussi d’autres pour élaborer des vins non mousseux. On songe, notamment, au sauvignon."
Vincent De Busscher

Un nom qui fait référence à l’histoire régionale

Les premières bouteilles commercialisées sont attendues pour septembre 2022. Mais une vente "en primeur" est déjà lancée depuis l’an dernier afin de financer des investissements coûteux, la vigne mais aussi la cave et les chais. Il fallait aussi trouver un nom à ce vignoble. "Suite à une rencontre avec le conservateur du 'Mons Memorial Museum', Corentin Rousman, nous avons eu l’idée d’appeler notre vignoble 'Mont des Anges'. En août 1944, les Britanniques étaient opposés aux Allemands lors de la bataille de Mons. Des anges lumineux seraient intervenus pour sauver l’armée anglaise. Armés de flèches divines, ils auraient protégé les soldats de leur retraite sur les chemins de Spiennes et Nouvelles où se trouve le vignoble", raconte Vincent De Busscher. Le nom, symbolique, était trouvé.

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