Preview | Sauf surprise, la morosité restera de mise chez AB InBev

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Selon les prévisions des analystes, AB InBev devrait afficher un quatrième trimestre en repli. Sur l'année, le bénéfice par action pourrait même baisser de 8%. Le groupe dévoile ses résultats dans une semaine. Peut-être profitera-t-il de l'occasion pour confirmer les rumeurs d'IPO de ses activités asiatiques.

N’épiloguons pas sur le parcours boursier cauchemardesque d’AB InBev qui a réussi à perdre 38% de sa valeur l’année dernière. Je ne vais pas calculer le nombre de dizaines de milliards d’euros de capitalisation boursière partis en fumée en douze mois pour vous éviter un malaise.

Ce bilan est d’autant plus sidérant que les 35 analystes financiers qui suivent la valeur se sont tous vautrés (à l’exception notable d’un ou deux d’entre eux) avec des recommandations à l’achat et des objectifs de cours qui se sont révélés fantaisistes. Un véritable accident industriel comme on dit. Petite consolation, l'action s'est rembourrée  de 17% depuis le 1er janvier. 

Dette de 109 milliards de dollars

Les maux qui touchent le numéro un mondial de la bière sont connus. Faiblesse des ventes aux Etats-Unis, dégringolade des devises dans plusieurs pays émergents, crise de confiance au Brésil et surtout, surtout, un endettement énorme conséquence du rachat de SAB Miller.

A la fin du premier semestre, il atteignait 108,8 milliards de dollars soit un ratio dette/Ebitda de 4,87. Dernièrement, le brasseur a lancé une offre de rachat portant sur 16,3 milliards de dollars de dette afin d’en émettre de la nouvelle et étendre la maturité moyenne qui s’établissait dernièrement à 12 ans avec 93% des obligations assorties d’un taux fixe.

Pour atteindre un ratio d’endettement de deux fois l’Ebitda, ce qu’il considère comme une structure en capital optimale, AB InBev doit donc jouer sur les deux variables. La réduction de moitié du dividende annoncée en octobre dernier et les rumeurs d’une cotation des activités asiatiques du groupe s’inscrivent dans cet objectif.

La prouesse d'Heineken

Dans une semaine, le 28 février, peut-être en saura-t-on plus sur ce projet d’IPO. Ce jour-là, le groupe brassicole va dévoiler, avant Bourse, ses chiffres du quatrième trimestre et ceux de l’ensemble de l’exercice.

Réussira-t-il la prouesse de son concurrent Heineken qui a surpris positivement le marché en dévoilant, la semaine dernière un bénéfice par action et une croissance du volume organique supérieures aux attentes des analystes.

Le groupe batave s’est même payé le luxe de majorer son dividende de 8,8% alors que celui d’AB InBev a été, comme on l'a dit, divisé par deux.

Trimestre en repli

Les analystes de Bloomberg Intelligence rappellent que 16% de l’Ebitda du brasseur est libellé en real brésilien. Sur l’ensemble de 2018, ce dernier s’est déprécié 15% ce qui devrait se traduire par une érosion de 2% de l’Ebitda annuel. Ils tablent sur un chiffre de 21,7 milliards de dollars, soit un déclin de 1,7% par rapport à 2017. Le consensus des analystes vise un chiffre presque similaire à 21,8 milliards.

Pour ce qui concerne le quatrième trimestre, le marché table sur des ventes en baisse de 3,3% à 14,12 milliards de dollars et un Ebitda en recul de 2% à 6,07 milliards de dollars.  Pour le bénéfice par action, le repli attendu atteint même 7,9% à 3,72 euros. 

Faut-il encore se fier aux analystes pour AB InBev? Je vous laisse répondre à cette question. Signalons tout de même, en passant, que 25 d’entre eux conseillent un achat de la valeur alors que 7 recommandent de la conserver et 3 de s’en débarrasser. L’objectif de cours moyen atteint 79 euros, soit un potentiel de hausse de 15%. C’est KBC Securities qui est le plus grand fan avec un "target" de 105 euros tandis que Jefferies poursuit sa tournée minérale (54 euros).

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