Résultats d'AB InBev: les 5 points à surveiller de près

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AB InBev publie ses résultats du deuxième trimestre ce jeudi matin avant Bourse. Voici une série d’éléments auxquels il faudra être particulièrement attentif à l’examen du communiqué de presse.

Ces dernières semaines ont été très agitées pour AB InBev avec le lancement puis la suspension de son IPO en Asie pour cause de valorisation trop élevée et la cession, sept jours plus tard, de ses activités australiennes pour 10 milliards d’euros.

En Bourse, le bilan est impressionnant avec un gain de 50% depuis le début de l’année, bond qui ne compense toutefois pas encore totalement le triste millésime précédent.

Jeudi matin, on saura si le groupe aux 227 brasseries et aux plus de 500 marques dans le monde se trouve sur la bonne voie pour "continuer, en 2019, à réaliser une forte croissance des produits et de l’Ebitda" comme il l’a annoncé en mai dernier à l’occasion des résultats du premier trimestre.

Voici plusieurs éléments qui devront attirer l’attention des investisseurs lors de la publication des chiffres du deuxième trimestre, le 25 juillet.

1. Les chiffres-clés. À l’issue du 2e trimestre 2018, AB InBev avait affiché une croissance interne de ses volumes de 0,8%, de 4,7% pour ses revenus et de 7% pour son Ebitda normalisé. Le bénéfice par action avait lui grimpé de 15,8% à 1,10 dollar. Pour la même période de cette année, le consensus des analystes compilé par AB InBev vise une croissance interne des volumes de 1%, de 5,1% pour ses revenus et de 6,5% pour son Ebitda. Le bénéfice par action normalisé est attendu à 1,18 dollar (+7,3%).

2. Les Etats-Unis et le Brésil. L’an dernier, les USA représentaient encore 25% des revenus et de l’Ebitda du groupe. Mais ses marques phares, la Bud Light et la Budweiser, sont en perte de vitesse. Comme le signalait dernièrement le broker Berenberg, la bière Michelob Ultra, très faible en calories, pourrait enrayer le déclin. Elle compte déjà pour 15% du chiffre d’affaires là-bas et ses ventes croissent de 15% par an. Quant au Brésil où la rentabilité a été malmenée ces dernières années en raison du contexte économique, on verra si la croissance à deux chiffres des volumes observée pendant les premiers mois de l’année se confirme tout comme la hausse de l’Ebitda de 8,5%. Et si la pression sur les marges est toujours d’actualité.

3. La dette. C’est le boulet que traîne AB InBev depuis le rachat de SABMiller et qui cristallise l’inquiétude du marché. Fin de l’année dernière, elle s’élevait à 102,5 milliards de dollars pour un Ebitda de 22,08 milliards, soit un ratio de 4,64. La vente de l’Australien Carlton & United Breweries pour 11,3 milliards de dollars va permettre d’alléger ce fardeau d’autant ou presque. Tout comme l’IPO des activités asiatiques du groupe si elle est relancée et, cette fois, menée à bien. L’ambition du groupe est de ramener le ratio d’endettement sous 4 d’ici la fin de 2020. À Ebitda identique et après la vente de Carlton on est déjà à 4. L’objectif, à plus long terme, est de tourner autour de 2.

4. La premiumisation. C’est à partir de cette stratégie qui consiste à faire monter de gamme un produit qu’AB InBev compte assurer le gros de sa croissance. Le brasseur a identifié 11 marques qui constituent son portefeuille premium mondial. Parmi celles-ci, on trouve les trois marques mondiales que sont Budweiser, Stella Artois et Corona. Elles ont représenté plus d’un tiers de la croissance des revenus de 2018. Le segment premium croît cinq fois plus vite que les autres et est deux fois plus rentable remarquait dernièrement KBC Securities.

5. Le dividende. En octobre dernier, AB InBev a décidé de diviser son dividende par deux afin d’accélérer le désendettement du groupe. Il est donc passé de 3,6 euros par action à 1,8 euro ce qui a représenté une économie de 3,64 milliards. Mais avec la vente de Carlton et l’IPO asiatique probable, le brasseur pourrait décider de majorer son coupon, dès cet exercice. En début d’année, il a rappelé son intention d’augmenter les dividendes au fil du temps "mais la croissance à court terme devrait toutefois être modeste compte tenu des engagements en matière de désendettement". Tout signe d’une hausse du dividende ferait, bien entendu, la joie du marché. Notons toutefois qu’AB InBev ne communique habituellement sur ce sujet qu'au 3e trimestre et non au 2e.

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