Salaire décent: Unilever étend le combat à ses fournisseurs

Le géant britannique s'attaque aux revenus inférieurs au minimum vital. ©REUTERS

Le géant agroalimentaire britannique s'engage à ce que d'ici 2030, tous les travailleurs de ses fournisseurs directs reçoivent un revenu minimum décent.

Coutumier des grandes annonces, le groupe agroalimentaire et de cosmétiques britannique Unilever fait néanmoins très fort ce jeudi: il s'engage à ce que d'ici l'an 2030, toute personne fournissant directement des biens ou des services au groupe perçoive au moins un salaire ou un revenu minimum décent. La mesure vise les travailleurs des fournisseurs et des sous-traitants en lien direct avec Unilever et ses filiales. "Une étape essentielle vers la construction d'une société plus équitable et plus inclusive", souligne le groupe dans un communiqué. Par salaire décent, il vise un niveau qui permette de couvrir les besoins de base d'une famille (alimentation, eau, logement, éducation, soins de santé...).

L'initiative d'Unilever est une des premières du genre. "Nous ne sommes pas les seuls à agir en ce sens, d'autres groupes ont aussi pris des engagements, mais nous faisons oeuvre de pionnier en établissant très clairement le lien entre ces mesures et les objectifs de lutte contre le changement climatique et les inégalités sociales", souligne Silvia Wiesner, qui vient de succéder à Sophie Souied comme directrice générale d'Unilever Belgium.

"Dans tous les contrats de sous-traitance qu'on conclura désormais avec des unités de production, la mesure sera intégrée d'office."
Silvia Wiesner
Directrice générale d'Unilever Belgium

Les travailleurs les plus vulnérables de la chaîne d'approvisionnement des secteurs où s'active Unilever relèvent de la production industrielle et de l'agriculture. Unilever collaborera non seulement avec ses fournisseurs, mais aussi avec d'autres entreprises, des gouvernements et des ONG pour atteindre l'objectif. "Dans tous les contrats de sous-traitance qu'on conclura désormais avec des unités de production, la mesure sera intégrée d'office", précise Silvia Wiesner. Difficile de dire combien de travailleurs seront touchés; la manager évoque "un impact pour des millions de personnes".

Dans l'agriculture, les secteurs les plus concernés sont l'huile de palme, différents légumes, les noix de coco, la vanille... Et l'on songe à des pays producteurs comme l'Inde, l'Indonésie, le Kenya, la Malaisie, la Côte d'Ivoire. "On compte aussi sur un effet d'entraînement, ajoute la directrice pour la Belgique; d'autres groupes vont embrayer."

Inclusion sociale et employabilité

Le nouveau plan du groupe prévoit deux autres mesures phares: dépenser 2 milliards d'euros par an, d'ici 2025, auprès de fournisseurs dirigés par des personnes issues de groupes sous-représentés (femmes, minorités ethniques, personnes à handicap...); et aider, d'ici 2030, 10 millions de jeunes à acquérir des compétences essentielles en vue d'augmenter leur employabilité.

2
milliards d'euros
Unilever va dépenser chaque année 2 milliards d'euros auprès de fournisseurs dirigés par des personnes "diverses".

Au niveau belge, ce sera surtout sur le front de l'inclusion que Silvia Wiesner et son équipe s'activeront à l'avenir. La filiale a déjà atteint, comme la maison-mère, ses objectifs d'égalité des genres au niveau de la direction. Reste à les atteindre aussi aux autres niveaux de l'entreprise, et à élargir l'inclusion aux minorités et aux personnes à handicap.

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