Quels sont vraiment les risques?

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Lors d'une perquisition menée au sein de l'abattoir Veviba à Bastogne, l'Afsca a constaté que plus de 50% des produits ne respectaient pas les conformités sanitaires. Le ministre de l’Agriculture Denis Ducarme a même parlé de produits "potentiellement dangereux" pour la sécurité alimentaire. L'Afsca parle d'un risque pour la santé publique qui "n'est pas à exclure".

La viande sortie de l'atelier de découpe de l'entreprise Veviba à Bastogne, mis en cause pour fraudes, pourrait présenter un risque pour la santé publique. C'est le constat alarmant qu'a publié l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire ce jeudi.

L'Afsca qui a annoncé ce jeudi soir qu'elle procédait au rappel de viande hachée Veviba, de l'américain nature exclusivement, ayant été commercialisé à Anderlecht, et ce afin de protéger le consommateur. Cette viande a été commercialisée sous la forme d'américain nature exclusivement. Cette distribution s'est produite au niveau d'un lieu de vente situé dans le marché couvert "FoodMet" à Anderlecht, par la boucherie Amar, précise l'Afsca.

Les consommateurs qui auraient acheté de la viande hachée dans cette boucherie sont priés de ne plus consommer cette viande. En cas de consommation et si des troubles digestifs se manifestaient, l'Agence alimentaire conseille aux consommateurs de consulter sans délai leur médecin traitant. Les consommateurs peuvent prendre contact avec l'Agence alimentaire via le numéro gratuit 0800/13.550.

Des fraudes à l'étiquette

L'Afsca a contrôlé tous les établissements du groupe Verbist de Belgique et bloqué préventivement les produits dans certaines installations frigorifiques. Les problèmes constatés à l'abattoir bastognard se situent à la découpe et dans des installations de refroidissement où des fraudes à l'étiquette ont été constatées, a indiqué Philippe Houdart, de l'Afsca.

"Est-ce que cela représente un risque pour la santé publique? Pas directement non."
Philippe Houdart

Des étiquettes de viande congelée ont été retirées et remplacées par d'autres affichant une date plus récente. "Est-ce que cela représente un risque pour la santé publique? Pas directement non", a stipulé Philippe Houdart. "La viande qui est congelée plus longtemps peut perdre du goût et son odeur peut être différente à la cuisson."

En revanche, la fraude dans la division découpe concerne des morceaux de carcasse qui n'étaient pas destinés à la consommation et qui se sont retrouvés dans la viande hachée vouée à être transformée ultérieurement. "Un bœuf abattu, est également égorgé, afin de laisser le sang s'échapper. Lorsque la peau est coupée, les bactéries peuvent contaminer la viande. Normalement, cette partie est donc dégagée pour être utilisée comme alimentation animale par exemple. Cela n'a pas été le cas ici", a précisé Philippe Houdart.

"Cela peut potentiellement représenter un risque, principalement pour les personnes qui consomment la viande crue. Pour la viande bien cuite, le risque est moindre."
Philippe Houdart

"Cela peut potentiellement représenter un risque, principalement pour les personnes qui consomment la viande crue. Pour la viande bien cuite, le risque est moindre." Deux produits ont pour l'instant été identifiés comme potentiellement à risque pour le consommateur: la viande hachée ainsi que les queues de vache vendues à d'autres entreprises.

Ils sont en cours de retrait sur le marché belge. L'Afsca n'a toutefois pas pu déterminer clairement la quantité de cette viande qui a atterri dans les magasins. "La grande distribution a effectué aujourd'hui un retrait par précaution de l'ensemble des produits Veviba qu'ils ont reçus. A l'exception d'une partie du haché provenant de Veviba, la viande fraiche belge actuellement en vente n'est pas concernée par la problématique", a toutefois souligné l'Afsca.

L'Agence renforce dès aujourd'hui ses contrôles sur l'ensemble des entreprises liées au groupe Verbist, propriétaire de Veviba. La perte des agréments, décidée par le ministre Ducarme et l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), concerne l'atelier de transformation de viande et l'entrepôt frigorifique, mais pas l'abattoir.

Elle fait suite à une perquisition menée par un juge d'instruction, la semaine dernière, sur le site de Veviba, dans un abattoir, un atelier de découpe et un surgélateur industriel.

Test Achats demande de rendre publics les numéros de lots incriminés

L'organisation de défense des consommateurs Test Achats souhaite que les numéros de lots de produits Veviba retirés des rayons de Delhaize et Colruyt soient rendus publics. "Ce n'est pas la première fois que le groupe Verbist est mis en cause", a souligné l'organisation de défense des consommateurs faisant référence à l'abattoir d'Izegem pointé récemment du doigt pour maltraitance des animaux.

Delhaize a décidé de suspendre sa collaboration avec Veviba et avec le groupe Verbist. L'enseigne au lion ainsi que Colruyt ont retiré les produits de l'entreprise de leurs rayons. "Le consommateur est complètement voué à lui-même et dépend de ce qui apparait dans la presse", a réagi Test Achats.

"Étant donné que la sécurité alimentaire est menacée, Test Achats exige que les numéros des lots des produits concernés que Delhaize et Colruyt retirent de leurs rayons soient rendus publics. En outre, les consommateurs doivent être en mesure de décider eux-mêmes s'ils consomment ces produits ou non."


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