Séance catastrophe pour Delhaize

Pierre-Olivier Beckers, CEO de Delhaize

Delhaize dégringole à la Bourse de Bruxelles. Avec un recul de plus de 11%, le titre a effacé tous ses gains de 2010 et se trouve à son plus bas niveau depuis plus de huit mois. Il n'avait pas connu une telle chute en une séance depuis le mois cauchemardesque d'octobre 2008. La raison? Des résultats sous les attentes et des prévisions 2010 revues à la baisse.

Delhaize serait-il aujourd’hui moins optimiste ? En publiant ce matin ses résultats pour le deuxième trimestre, le groupe de distribution doit bien l’admettre, la conjoncture reste difficile. Particulièrement aux Etats-Unis où il exploite 1.600 supermarchés.  Ses revenus y ont ainsi chuté de 2,8% au deuxième trimestre à 4,6 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros). " L’environnement économique américain reste très difficile, en particulier dans le sud-est et en Floride ", souligne le groupe dans un communiqué diffusé ce matin avant l’ouverture des marchés financiers.  

Sur le deuxième trimestre, le groupe a vu l'ensemble de son bénéfice d'exploitation plonger de 7% à 227 millions d'euros et le bénéfice net de 8,2% à 114 millions d'euros.

C'est une grosse déception pour les analystes, qui s'attendaient au contraire à ce que Delhaize augmente ses bénéfices en profitant d'un renforcement du dollar par rapport à l'euro (de 7,3% comparé à un an plus tôt) et des difficultés de son concurrent Carrefour en Belgique. Les analystes de KBC ont d'ores et déjà abaissé de 21% leur objectif de cours, désormais à 55 euros. Il conseillent maintenant de conserver l'action, contre une recommandation à "accumuler" avant.

L'effet dollar s'est ressenti seulement sur le chiffre d'affaires, en ligne avec les attentes avec une progression de 4,7% à 5,329 milliards d'euros.

Delhaize compte désormais investir seulement 700 millions d'euros cette année, soit 100 millions de moins que prévu, notamment en retardant des ouvertures de magasins: il table sur une augmentation nette de 82 à 92 magasins, contre 102 à 112 annoncés jusqu'ici.

D’après Delhaize,  le comportement des consommateurs américains se caractérise aujourd’hui par des dépenses prudentes et à l’affût de chaque bonne affaire. Aux Etats-Unis, le groupe affiche une chute du bénéfice d’exploitation de 18,8% à 211 millions de dollars. La faiblesse des ventes a donc inévitablement provoqué une hausse des charges administratives en pourcentage des revenus.

Une " déception ", souligne Pierre-Olivier Beckers, administrateur délégué de Delhaize. Des initiatives sont donc envisagées. Déjà bien avancé dans son plan d’économie baptisé New Game Plan et qui doit lui faire économiser 300 millions d’euros d’ici 2012, Delhaize passe à la vitesse supérieure en augmentant ses objectifs d’économies de 200 millions d’euros. " La plus importante initiative va être la création d’une organisation d’achat unique pour Delhaize America ".

En Grèce, " environnement économique difficile "

Malgré le contexte économique difficile que connaît la Grèce, Alfa Beta, la filiale locale de Delhaize, a enregistré une croissance positive. " Les revenus sont en hausse de 7,3% au premier trimestre ", met en avant le groupe. Reste que la crise dans le pays touche l’entreprise. Le bénéfice d'exploitation de Delhaize a reculé de 1,3% au deuxième trimestre en Grèce.

La Belgique est à contre-courant

Au deuxième trimestre, les revenus générés par Delhaize dans ses 797 magasins belges ont augmenté de 5,8% à 1,2 milliard d’euros.  Le chiffre d’affaires progresse lui de 5%. " Il s’agit de la croissance de chiffre d’affaires trimestrielle la plus élevée en 7 ans qui est presque due à la croissance en volume étant donné que l’inflation alimentaire interne est restée quasiment nulle ", ne manque pas de mettre en avant le groupe.

Le bénéfice d’exploitation suit la même tendance et progresse de 18,4%. Sur six mois, celui-ci augmente de 27,4% à 118 millions d’euros.

Perspectives bénéficiaires revues

Reste que pour l’année, le groupe est plus pessimiste. Delhaize a revu en baisse vendredi sa prévision de résultat annuel et veut ouvrir moins de magasins et économiser davantage, après un deuxième trimestre difficile en Grèce et surtout aux Etats-Unis, son premier marché. Delhaize table désormais sur une évolution de son bénéfice d'exploitation comprise entre -2% et +2% à taux de change identiques et hors charges de restructuration. Il espérait jusqu'ici une hausse de 2% à 5%.

 

FXL

 

 

 

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