Seize CEO emblématiques demandent la réouverture de l'horeca

Marc du Bois, le patron de Spadel, fait partie des 16 signataires de la Lettre ouverte aux gouvernants. ©Tim Dirven

Dans une lettre ouverte aux autorités, les dirigeants d'entreprises bien connues réclament un plan clair pour tous les cafés et restaurants du pays.

C'est une démarche rare, qui témoigne du désarroi et du ras-le-bol non seulement du secteur des cafés et restaurants, mais aussi de leurs fournisseurs et du secteur de l'industrie alimentaire tout entière. Dans une lettre ouverte aux gouvernements et aux experts, 16 CEO d'entreprises belges emblématiques de ces secteurs demandent de la clarté sur l'horeca. Leur requête dûment motivée s'adresse aux membres du comité de concertation. Parmi les signataires figurent le CEO de Spadel Marc du Bois, celui de la brasserie Duvel Michel Moortgat, celui de la Raffinerie Tirlemontoise Guy Paternoster ou encore Annick van Overstraeten (Le Pain Quotidien), Frédéric Rouvez (Exki), Guido Vanherpe (La Lorraine)...

"Peut-être" n'est pas un plan

Ces chefs d'entreprise réclament avant tout des certitudes. Dire que l'horeca pourra "peut-être" rouvrir le 1er mai n'est pas une option, à leurs yeux. Les 61.000 entrepreneurs et les 140.000 travailleurs de l'horeca subissent les conséquences de la fermeture de leurs établissements depuis 194 jours. Les pertes se chiffrent en milliards d'euros. Leur première requête est donc que les autorités annoncent sans ambiguïté que le secteur de la restauration pourra rouvrir le 1er mai au plus tard.

"L'horeca ne peut être considéré comme le "joker" d'une politique de retour à la normalité..."

Rouvrir les terrasses dès le 1er avril

Selon eux, un plan de réouverture par étapes du secteur donnera plus de chances à un respect des règles sanitaires qu'une interdiction pure et simple. Car avec le retour du beau temps et l'extension de la "bulle" extérieure, il ne faut pas être naïf : les citoyens vont organiser leurs propres apéros, arguent-ils.

Les CEO proposent donc de laisser aux tenanciers la liberté d'ouvrir leurs terrasses en toute sécurité à partir du 1er avril, tout en conservant les mesures de soutien qui les concernent.

"Parce qu’en matière d’aides aussi, c’est la logique du 'tout ou rien' qui prime aujourd’hui, écrivent les CEO. Soit vous recevez un soutien, soit vous travaillez. Dès lors, les entrepreneurs n’ont d’autre option que d’accepter un report. Il n’y a là aucun juste milieu."

Le Codeco pourrait être avancé

Le Premier ministre Alexander De Croo et les ministres-présidents des Régions se sont réunis mercredi soir pour discuter de la situation sanitaire et le comité de concertation, prévu le 26 mars, pourrait se tenir dès ce vendredi 19 mars en raison des contaminations qui repartent à la hausse, a-t-on appris auprès de l'entourage du Premier ministre. Une décision sera prise ce jeudi.

Le lieu de travail et les écoles semblent être les principales sources de foyers de contaminations pour le moment. Mardi, Alexander De Croo avait déjà appelé les entreprises à insister sur la nécessité du télétravail. Il a maintenant demandé aux ministres de l'Éducation du pays de prendre des "mesures appropriées" dès que possible.

"Vu l'évolution de la situation sanitaire, les assouplissements prévus pour avril sont clairement incertains", a-t-on indiqué par ailleurs dans l'entourage d'Alexander De Croo.

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