Spadel congédie cinq cadres, dix mois après une 1ère vague

©BELGA

Spadel a donné leur bon de sortie à cinq responsables au début de la semaine. "Le groupe a du mal à digérer sa croissance", selon une source. Pour la direction, il s’agit d’une simple adaptation de l’organisation à l’évolution du marché: "business as usual"...

Y aurait-il quelques tensions dans les couloirs des bureaux de Spadel? Le célèbre minéralier, élu Entreprise de l’année 2017, vient d’annoncer leur licenciement à cinq cadres, a-t-on appris à plusieurs sources. Il ne s’agit pas de directeurs, mais de responsables de département, ajoutent-elles. Contactée, la direction de la société cotée sur Euronext Bruxelles refuse de confimer ce chiffre, mais convient qu’il y a "quelques discussions en cours" avec quelques personnes.

Deux des cadres remerciés lundi opéraient en Belgique et trois aux Pays-Bas. Ces départs interviennent dix mois après quelques autres, du même calibre. Fin 2017, en effet, Spadel avait donné leur billet de sorti à plusieurs cadres, dont un directeur d’usine. A l’époque comme cette semaine, ces personnes ne s’y attendaient pas du tout. Bien que ce mouvement ne concerne finalement qu’une poignée de personnes, il est permis de se demander s’il est révélateur de problèmes au sein de l’entreprise. "Celle-ci éprouve des difficultés à évoluer vers une dimension européenne", dit une source. "Elle souffre d’une sorte de mal de croissance, et les personnes y sont considérées comme des numéros." Ce qu’une autre formule comme ceci: "elle cherche à trouver le bon modèle de croissance, avec la bonne structrure pour la gérer".

Adaptation, pas révolution

"Nous cherchons à adapter notre organisation pour mieux répondre aux besoins du marché et devenir plus agile, plus flexible."
Dirk Van de Walle
Directeur pour le Benelux

A la direction, on tient un autre discours. "Il ne s’agit pas d’une révolution, mais d’une évolution", souligne Dirk Van de Walle, le directeur pour le Benelux. "Nous cherchons à adapter notre organisation pour mieux répondre aux besoins du marché et devenir plus agile, plus flexible."

A la question de savoir si ces personnes seront remplacées, il répond qu’"il n’y a aucune raison économique derrière cette opération. Il ne s’agit pas d’économies, mais de réorienter ou modifier des fonctions, avec d’autres rôles que ceux remplis jusqu’à aujourd’hui." Il ajoute que ce genre de réorganisation se déroule "en continu" dans une entreprise et qu’elle est "inhérente aux évolutions des affaires".

Craintes syndicales

Petit coup de sonde du côté des syndicats, pour recouper tout cela... A la CNE (chrétien), on a entendu parler de ces départs. "Des synergies sont programmées au niveau de la haute direction", y dit-on. "Des fonctions se voient regroupées, ce qui entraîne des synergies, et donc des rationalisations au niveau des cadres supérieurs."

©Anthony Dehez

De source syndicale, la direction devrait présenter prochainement en conseil d’entreprise un plan de réorganistion du "higher management". Certains craignent que, dans la foulée, cette adaptation de l’organisation n’amène d’autres licenciements.

Le groupe Spadel, qui exploite six sites de production dans quatre pays (dont deux en Belgique, à Spa et Larcé), emploie au total quelque 1.350 collaborateurs. Lors de la publication de ses résultats au premier semestre 2018, il y a une semaine, la direction avait évoqué la hausse des prix des matières premières, susceptible de le pousser à intensifier ses efforts de maîtrise des coûts. Qui dit chasse aux coûts, dit compressions de postes... Il semble cependant, compte tenu de la réponse donnée par la direction à nos questions sur ces cinq licenciements, qu’ils ne s’inscrivent pas dans cette perspective.

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