Test-Achats condamné à redorer la réputation de Pierre Marcolini

©Hollandse Hoogte / Herman Wouters

L'enquête de Test-Achats sur le véritable poids des ballotins a atteint à l'honneur à Marcolini qui ne vend pas au poids.

Pas certain que l’on s’offrira du chocolat pour les fêtes de Noël cette année dans les couloirs de l’association de défense des consommateurs Test-Achats. La 4e chambre de la cour d’appel de Bruxelles a rendu un arrêt dont Test-Achats se serait volontiers passé.Test-Achats, défendu par Etienne Wéry, va devoir insérer sur la page d’accueil de son site internet la phrase qui suit, et cela durant un mois: "Par arrêt du 27 juin 2017, la cour d’appel de Bruxelles, saisie par M. Pierre Marcolini et la s.a Pierre Marcolini Group, a considéré que l’enquête de Test-Achats sur la vente des pralines réalisée en décembre 2012 était fautive à leur encontre."

Le calendrier de la Justice ne tenant pas compte du rythme de la vie des affaires, il faut effectivement remonter au mois de décembre 2012 pour saisir les contours de cette affaire.

La Justice estime que l’enquête de Test-Achats n’était pas appropriée vis-à-vis de Marcolini.

Le 18 décembre de cette année-là, Test-Achats met en ligne un communiqué de presse intitulé: "Les pralines ‘light’ existent et elles coûtent au consommateur des millions d’euros par an." Pour arriver à cette conclusion, des enquêteurs de Test-Achats se sont rendus dans 22 magasins spécialisés et dans 10 supermarchés afin d’acheter 250 grammes de pralines et de vérifier s’ils quittaient bien le magasin avec 250 grammes de pralines. La fin du communiqué de presse était particulièrement négative concernant la visite des enquêteurs anonymes chez Marcolini. On pouvait y lire que "chez Marcolini sur l’avenue Louise à Ixelles, la boîte de 250 grammes demandée ne contenait finalement que 198 grammes de pralines (26% d’écart)".

Pierre Marcolini, on s’en doute, avait peu goûté les conclusions de son enquête, sachant que le chocolatier artisanal ne vend pas de pralines au poids, mais bien à la pièce. Les résultats de l’enquête de Test-Achats avaient été relayés par la presse, poussant Pierre Marcolini à exiger un droit de réponse de la part de Test-Achats. "Depuis plusieurs années, nous ne fonctionnons plus en parlant du poids, mais du nombre de pralines. Chez Marcolini, une malline découverte comprend 34 pralines d’un poids plus ou mois équivalent à 200 grammes", faisait alors savoir le chocolatier. En première instance, Marcolini avait échoué à faire publier son droit de réponse sur le site de Test-Achats. L’ensemble de ses demandes avaient été déclarées recevables, mais non fondées.

Atteinte à l'honneur

©Marcolini

En appel, le chocolatier, conseillé par Sandrine Carneroli, a eu gain de cause. La cour d’appel a estimé que la méthodologie de l’enquête de Test-Achats n’avait pas été appropriée concernant les produits de Pierre Marcolini à partir du moment où ses pralines se vendent à la pièce. La cour a également suivi le chocolatier lorsqu’il a fait savoir que l’association de défense des droits des consommateurs n’aurait dû s’intéresser qu’aux enseignes qui vendent leurs produits au poids. Dans leur raisonnement, les juges ont estimé que les développements suggérant une certaine malhonnêteté dans le chef de Pierre Marcolini sont inexacts et portent atteinte à son honneur.

Test-Achats avait également fait savoir que le dommage causé à Marcolini était à mettre à charge de son personnel. Selon l’association, il aurait suffi à la vendeuse de répondre à l’enquêteur que les chocolats se vendaient à la pièce et il n’y aurait pas eu de préjudice. La cour n’a pas non plus suivi Test-Achats dans cette voie et les juges ont estimé que le personnel de Marcolini n’avait pas commis de faute. Pour toutes les raisons qui précèdent, la cour d’appel a condamné Test-Achats à publier sur son site de quoi redresser l’honneur et la réputation du chocolatier. Pierre Marcolini a dit saluer cette décision.

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