Trois trentenaires reprennent la société Semailles

’Catherine Andrianne (au centre) a choisi un trio constitué de Pierre-Alexandre Péters (à gauche), son épouse Aude Voortman et Antoine de Thibault (à dr.) pour reprendre la destinée de sa société Semailles

La société namuroise productrice d’anciennes variétés de semences bio change de propriétaire. Sa fondatrice cède Semailles à de jeunes entrepreneurs.

Installée à Faulx-les-Tombes, près de Namur, la société Semailles s'est spécialisée dans la production d’anciennes variétés de semences potagères. Créée en 2000 par Catherine Andrianne, elle vient de changer de propriétaires. À 61 ans, la fondatrice a estimé qu'il était temps de passer la main. Elle a porté son choix sur un trio de trentenaires à la main verte.

2
millions €
La société Semailles réalise un chiffre d’affaires approchant les 2 millions d’euros.

Semailles est née du constat, établi par Catherine Andrianne, que près de 90% du patrimoine légumier belge avait disparu. La société, qui emploie six personnes, peut s'appuyer aujourd'hui sur un catalogue de plus de 700 variétés de semences paysannes et bio. Elles sont mises à disposition du consommateur en Belgique et en France via un réseau de quelque 150 revendeurs et via son site web. De quoi permettre à Semailles de réaliser un chiffre d’affaires approchant les 2 millions d’euros.

Deux des trois repreneurs, choisis parmi plusieurs candidats, se sont déjà fait un nom dans le monde agricole. Pierre-Alexandre Péters et Antoine de Thibault font en effet partie du quatuor qui vient de reprendre le domaine viticole de Mellemont, à Thorembais-les-Béguines (Brabant wallon). Le troisième maillon, Aude Voortman, n'est autre que l'épouse du premier.

Un projet "porteur de sens"

"Le rachat de Semailles a les mêmes motivations que celui de Mellemont. Nous avions le désir d’un projet porteur de sens."
Pierre-Alexandre Péters
Nouveau propriétaire de Semailles

"Le rachat de Semailles a les mêmes motivations que celui de Mellemont. Après un parcours universitaire classique, nous avions tous trois le désir d’un projet porteur de sens. Semailles était une synthèse parfaite de ce que nous recherchions: la préservation du patrimoine légumier, la culture bio et la promotion de la culture potagère", explique Pierre-Alexandre Péters.

Sa société ayant changé de dimension, Catherine Andrianne a estimé qu’elle arrivait à la limite de ce qu’elle pouvait apporter. Mais elle ne quittera pas d'emblée le navire. "Elle continuera de gérer l’entreprise avec nous pendant un an, puis continuera à œuvrer à la préservation du patrimoine semencier, en collaboration avec le Centre technique horticole (CTH) de Gembloux", précise le nouveau responsable.

Les repreneurs ont bénéficié du soutien financier, sous forme de crédit, de la banque CBC et de Namur Invest. "Il y a encore beaucoup à faire pour continuer de faire valoir et reconnaître notre patrimoine semencier auprès des consommateurs et des législateurs", disent les repreneurs. Concrètement, il s'agira de gérer au mieux les réseaux de clients et de communiquer sur la poursuite de la mission de Semailles en promouvant les semences locales et bio, et en continuant à investir en Belgique, notamment en Flandre.

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